Séisme du jeudi 18 mars à Béjaïa. Après le tremblement de terre et ses répliques, l’onde de choc politique.

Par Milina Kouaci
Samedi 20 mars, les «élus majoritaires» de l’APC de la ville ont rendu publique une déclaration incendiaire à l’adresse de son président intérimaire FFS Abdenour Tafoukt. «Au lieu d’appeler en urgence à la tenue d’une assemblée populaire communale extraordinaire dans l’heure qui a suivi le séisme, le président de l’APC par intérim, s’est contenté, dans la journée du jeudi, d’une sortie «Selfie», obligeant les élus à des actions isolées, discréditant toute l’assemblée auprès de notre population», lit-on dans cette déclaration signée par 19 élus sur 33. «Au lieu de rassurer nos chers concitoyens par des mesures d’urgences, le président de l’APC par intérim, toute honte bue, n’a pas trouvé mieux que la loge des agents de sécurité du siège de la commune pour une aussi sérieuse et importante opération» que le «recensement des sinistrés». Les élus signataires, parmi lesquels 6 du FFS, 3 du RCD et 10 indépendants, reprochent également au wali «son absence la nuit du séisme» et disent de ce responsable qu’il «n’a pas été rassurant en réitérant les promesses déjà faites par les services techniques (CTC), au moment où nos chers concitoyens attendent des mesures d’urgences notamment le relogement immédiat des familles sinistrées». Ils estiment également que «la forte délégation ministérielle dépêchée n’a pas été à la hauteur des attentes et des espérances des citoyens traumatisés» et appellent le wali, pour reloger les «victimes du plateau Amimoun, de Bab Elouz, de Tamindjout et des autres quartiers sinistrés», à libérer «les logements RHP abandonnés de la cité Oued Romane», les «logements inoccupés de la cité Zedma» et ceux «inoccupés de la cité 200 logements Ihaddaden» ainsi que d’autres. Ils réclament la tenue d’une assemblée populaire communale extraordinaire le mardi 23 mars 2021 en présence de «tous les élus, le secrétaire général, les divisionnaires techniques et administratif» et «les directeurs exécutifs»

Le GRAAG explique
Sur un autre plan, le directeur général du centre de recherche en astronomie astrophysique et géophysique (CRAAG) Abdelkrim Yelles Chaouche a estimé hier que le séisme marin enregistré jeudi dernier d’une magnitude de 5.9 sur l’échelle de Richter entre dans le cadre de «l’activité sismique normale que connait le pays». Lors d’un point de presse au siège de la wilaya de Bejaia, ce responsable et scientifique a souligné la particularité sismique de l’Algérie qui fait d’elle un pays à «risque modéré» et sujet à une activité régulière localisée, notamment dans la partie nord. D’où, a-t-il dit, l’importance d’intégrer la notion sismique dans son vécu afin de ne pas céder à la panique. «Le séisme qui secoue le nord de l’Algérie rapproche le continent africain du continent euro-asiatique, et l’éloigne du continent américain», a-t-il expliqué . «Le danger d‘un tsunami pour l’Algérie est minime. Il est infime pour la Méditerranée qui n’a pas les mêmes particularités sismiques que les océans atlantique et pacifique», a-t-il rassuré. En réponse à une question sur la nécessité d’étendre le réseau d’observation du Craag dans les régions sismiques, M. Yelles pense qu’il est «important» que Bejaia dispose un centre de sismologie en collaboration avec les centres universitaires spécialisés de la région.