Les manifestations citoyennes ont repris de plus belle dans la wilaya de Béjaïa. En effet, pas plus loin qu’avant-hier la région a enregistré quatre actions de protestation distinctes.


Ainsi, au chef-lieu de wilaya, les habitants de la cité Nacéria ont observé, dès la matinée, un rassemblement devant le siège de la wilaya, bloquant la circulation automobile dans les deux sens de la principale artère de la ville des Hammadites, la rue de la Liberté, en l’occurrence. Ce qui a contraint, d’ailleurs, les automobilistes et les transporteurs urbains à faire des détours, provoquant ainsi des embouteillages monstres. Les manifestants exigent des responsables de l’APC la remise en l’état de la voirie de leur cité, après les travaux de réhabilitation des réseaux d’assainissement et d’eau potable effectués par une entreprise privée.
« Cela fait plus de deux ans que les réseaux ont été réhabilités, mais sans la remise en l’état de la chaussée. On en a marre d’attendre. Que des promesses sans lendemain ! », se plaignent des habitants.
À noter que l’un des adjoints du P/APC de Béjaïa, M. Zaïdi, a déclaré sur les ondes de Radio Soummam que « le contrat engagé avec la première entreprise a été résilié ». Avant d’ajouter qu’« une enveloppe de 2 milliards de centimes a été dégagée par l’APC pour l’achèvement des travaux au niveau de cette cité ».
De leur côté, les travailleurs de l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) d’Il-Maten, qui sont en grève depuis le 18 janvier dernier, ont observé, dimanche matin, un rassemblement de protestation devant le siège de la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya de Béjaïa, pour réitérer leurs principales revendications, à savoir « le départ immédiat et inconditionnel de l’ancien directeur » et « la restitution du logement de fonction qu’il occupe ».
Soutenus par les délégués syndicaux de la Fédération de la santé du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) de Béjaïa, les protestataires ont cadenassé le portail principal de la DSP, située au quartier Smina, avant de tenir un sit-in sur les lieux. L’arrivée d’un dispositif policier n’a pas pu dissuader les contestataires.
Signalons que quatre syndicalistes du Snapap, dont le secrétaire général de la section de l’EHS d’Il-Maten, Ali Mesrar, ont été reçus par le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab. Les quatre délégués syndicaux ont tenu à rappeler au wali leurs principales revendications, alors que
M. Hattab s’est engagé à prendre en charge leurs préoccupations. «Monsieur le wali nous a demandé de lui donner un peu de temps pour qu’il puisse régler le problème de l’EHS d’Il-Maten qui perdure depuis 40 jours déjà !», nous a fait savoir M. Mesrar, à sa sortie de la wilaya.
Notre interlocuteur a tenu, par ailleurs, à dénoncer «la fuite en avant» du ministère de la Santé qui, selon lui, continue à « faire la sourde oreille » face à « la revendication légitime » des travailleurs de la santé.
Dans la commune d’Amizour, ce sont de jeunes chômeurs et demandeurs d’emploi qui sont montés au créneau, en procédant à la fermeture de la RN75, à hauteur de la ferme dite « Chouyou ». Les manifestants réclament des postes d’emploi à la nouvelle cité universitaire d’Amizour. À travers leur action de protestation, ils tiennent également à dénoncer le recrutement effectué par la Direction des œuvres universitaires (DOU) de Berchiche (El Kseur). Un recrutement entaché, selon eux, de « favoritisme ».
Par ailleurs, à Adekar, les membres de la famille Rahmoune, originaire du village de Kiria (Assif El Hammam), ont bloqué la circulation sur la RN12 reliant la wilaya de Béjaïa à Tizi Ouzou, au niveau du lieudit Aguemoune Oukherdouche. Les villageois protestataires réclament l’annulation par le wali de l’acte de cession d’un terrain par le Calpiref au profit d’un investisseur, qui n’est autre que le frère du P/APC d’Adekar.
Les membres de la famille Rahmoune, qui veulent récupérer leur terrain, font valoir un acte de propriété datant de l’époque coloniale (1930).
Pour sa part, le P/APC d’Adekar, Samir Belaïd, affirme que le terrain en question appartient aux Domaines. Chose qu’a confirmée la directrice des Domaines de Béjaïa, lors de son intervention sur les ondes de Radio Soummam.