N’ayant pas pu convaincre ses concitoyens protestataires à renoncer à leur action jugée « radicale », le maire de la commune de Tifra (wilaya de Béjaïa), M. Rabah Mekcem, a fini par passer à l’offensive, en déposant une plainte contre un groupe de manifestants ayant fermé le siège de la mairie. Griefs retenus contre eux : « intimidations, menaces, outrages et agressions » à l’encontre de la personne du premier magistrat de la commune.
La genèse de ce bras de fer remonte au début du mois en cours, lorsqu’un groupe de villageois a décidé de cadenasser le siège de l’APC de Tifra, en signe de protestation contre la gestion du maire, jugée « catastrophique ».
Au troisième jour de leur action de protestations, les habitants du village Tifra ont muré l’entrée principale de leur mairie, empêchant ainsi l’accès au maire et les élus locaux.
Les manifestants demandent aux autorités de wilaya de Béjaïa l’ouverture d’une commission d’enquête sur la répartition des budgets et les projets de développement bloqués au niveau de leur commune. Parmi les projets en souffrance, on cite celui de l’aménagement et d’extension de la station thermale et celui de l’auberge de jeunes frappée de décision de gel, dans le cadre de la politique d’austérité prônée par le gouvernement après la chute des cours du pétrole.
Face à l’entêtement des citoyens protestataires qui maintiennent toujours la fermeture du siège de l’APC, l’édile communal de Tifra a décidé de porter plainte contre les meneurs de cette action qui paralyse cette collectivité locale et pénalise, par conséquent, sa population. Ce recours au dépôt de plainte contre des manifestants ne peut qu’accentuer la crise de confiance entre le maire de Tifra et ses concitoyens. Beaucoup d’internautes ont sévèrement critiqué la démarche de M. Mekcem qui, selon eux, a préféré jeter de l’huile sur le feu, au lieu d’agir dans le sens d’apaisement de la situation en ouvrant les portes du dialogue et de la concertation. T. B.