Synthèse Salim Benour
Qualifiée de projet pionnier de préservation des ressources hydriques, la Station de traitement et d’épuration des eaux usées (STEP) devrait contribuer à l’économie de la ressource hydrique dans la ville saharienne de Béchar. D’un coût de réalisation estimé à plus de 4 milliards de dinars, cet équipement, qui s’étend sur 40 hectares, une fois opérationnel, sera utilisé pour l’épuration et la réutilisation des eaux usées. Selon le chef du projet de la STEP, Youcef Rafad, interrogé par l’APS, la station de Béchar est de « cinquième génération ». « Les travaux ont été lancés en décembre 2020 et connaissent, actuellement, un taux d’avancement de 35%. Dès sa mise en service, prévue en juin 2023, elle développera une capacité de traitement de 55 000 m3 par jour ».
L’objectif retenu après la mise en marche de cet équipement est de « traiter les eaux usées d’une population de 386 000 habitants à l’horizon 2040 », explique M. Rafad. Le responsable ajoute que la station sera dotée d’équipements ultramodernes de prétraitement, de traitement biologique des eaux usées, de traitement tertiaire et surtout d’une filière boue, pour l’utilisation de cette matière dans les activités agricoles. Le projet de la station date de janvier 2019 et a été gelé pour des considérations financières. Ainsi, en ce qui concerne les retards dans la réalisation de la station, ils ont été observés en « raison des contraintes d’expropriation » qui viennent d’être résolues, selon la même source, pour la relance du chantier de réalisation. « Actuellement, les travaux de cette infrastructure hydraulique concernent la réalisation de trois bassins d’épuration, qui sont à 50% d’avancement, d’une station de prétraitement réalisée à 75%, trois autres bassins de clarification des eaux usées, qui sont à 10%, deux autres bassins épaississeurs en forme circulaire, destinés au traitement de la boue et un lit de séchage dont les travaux d’avancement sont à 15 % », explique à l’APS Mustapha Chemidi, ingénieur hydraulicien, chargé des études et du suivi technique. Selon le directeur des ressources en eau de la wilaya de Béchar, Kheireddine Allal, les eaux usées urbaines traitées et épurées seront utilisées pour l’irrigation de 1 200 hectares de terre agricole. Elles seront également réinjectées dans l’oued Béchar « sans risque de polluer l’environnement » de ce site naturel, dont « une opération d’aménagement pour en faire un site de détente et de loisirs des populations est retenue parmi les projets ». n