La palmeraie plus que millénaire de Béni-Abbès dans la wilaya de Béchar est en danger de disparition, il faut la sauver des affres du temps, de l’érosion et de l’abandon. C’est, en substance, le constat et l’appel lancé par des cultivateurs et opérateurs spécialisés dont des phoeniciculteurs inquiéts de l’état de délabrement dans lequel se trouve aujourd’hui ce site de 42 hectares d’une valeur agricole et touristique inestimable.

Les crues de Oued Saoura, les incendies et l’apparition de l’araignée rouge, en plus de l’abandon des palmiers-dattiers par leurs propriétaires, sont les principaux maux dont souffre ce site naturel, a affirmé à l’APS Mohamed Ameur, membre de l’association des vulgarisateurs agricoles et cadre de la direction locale du secteur de l’Agriculture.
« Malgré le recul de plusieurs et dangereuses maladies, telles que le Bayoud et le Boufaroua, qui avaient décimé dans le passé des milliers de palmiers-dattiers à travers la région, les facteurs persistent et causent d’importants dégâts au site, un outil économique pourtant très important pour plusieurs familles de la région de Béni-Abbes », avertit ce militant associatif aux yeux de qui la sauvegarde de la palmeraie de Béni-abbès est d’intérêt agricole, économique, biologique et écologique. La sauvegarde de la palmeraie a d’ailleurs fait l’objet, selon l’APS, d’une émission radiophonique de la chaine locale durant laquelle les participants, des associatifs, des agricultures et des ingénieurs agronomes, ont insisté sur la nécessité d’une « étude globale ».
Il s’agit d’avoir à cœur « le renforcement des connaissances sur l’état de l’écosystème et les solutions de conservation à mettre en place, la sensibilisation des propriétaires en abandon de leurs palmiers-dattiers sur la nécessité de la reprise des opérations d’entretien et d’irrigation de cet espace végétal propre aux régions sahariennes et la réalisation d’actions de conservation par la prise en charge des différentes contraintes biologiques et naturelles ».
Pour ces spécialistes de l’agronomie, est nécessaire un programme d’actions portant sur la réalisation d’un diagnostic de situation de ce site, avec la participation de l’ensemble des parties concernées par le développement agricole ainsi que les agriculteurs locaux. « Ce programme d’actions doit être réalisé avec la contribution aussi des secteurs du Tourisme, de la Culture et des Forêts dans le but de préserver et développer ce site de 8.500 palmiers-dattiers, jadis source principale de revenus des populations de Béni-Abbès », a expliqué à l’APS l’associatif Mohamed Ameur. « La sauvegarde de la palmeraie de Béni-Abbes, en plus de son apport à l’augmentation de la production de dattes dans la région, seront un atout très important au développement du tourisme dans cette wilaya à vocation réellement touristique de par ses différents autres sites et endroits naturels très prisés par les touristes, notamment ses dunes du grand Erg occidental’ », ont estimé des professionnels locaux des secteurs de l’Agriculture et du Tourisme, cités par l’agence de presse.