Un vice-président isolé et le Secrétaire général remercié, Charaf-Eddine Amara a contre-attaqué. Et c’était fulgurant. Le premier responsable de la Fédération algérienne de football (FAF) a frappé fort pour envoyer un message clair : à la FAF, c’est lui qui commande. Même s’il doit toujours composer avec l’étiquette de parachuté.

Par Mohamed Touileb
Les murs ont des oreilles au siège de Dely Brahim. Les choix d’Amara depuis qu’il a été ‘’désigné’’ à la tête de la structure footballistique en avril dernier ont souvent été contesté. En effet, les membres du Bureau Fédéral (BF) lui ont reproché d’être unilatéral dans sa gestion. Et pour cause, on soulignera que l’ancien chairman du CR Belouizdad a donné l’accord pour la rénovation de l’hôtel de Sidi-Moussa.
Aussi, il a arrêté la liste des arbitres internationaux sans en débattre en plus d’avoir décidé d’aller à l’encontre des décisions de la CNRL en octroyant aux clubs endettés de la Ligue 2 amateur leurs licences. C’est pourquoi Amar Bahloul a tenté de profiter de ce manque d’unanimité aux yeux de l’équipe fédérale pour tenter de fragiliser, voire putscher, Amara. Mal lui en a pris.
Unilatéral et impitoyable
Lundi, l’ancien bras-droit de Kheireddine Zetchi, patron sortant de la FAF, a été dépossédé de son siège de vice-président. Il se contentera uniquement de sa place au sein du BF. Quelques heures avant lui, c’était Mohamed Saâd, désormais ancien Secrétaire général (SG) de la FAF, qui a été démis de ces fonctions.
Amara n’aurait pas apprécié que les deux hommes ne cautionnent pas ses décisions et blablatent en interne concernant son mode opératoire à la présidence. La sanction a fini par être infligée. Elle peut paraître immédiate mais tous ceux qui sont au fait de ce qui se passe à la FAF savent qu’Amara a des personnes dans le collimateur. Il attendait juste le bon moment pour appuyer sur la gâchette.
De la sorte, le PDG de Madar Holding tente de marquer son territoire et envoyer un signal aux personnes qui essayeront, à l’avenir, de s’opposer à lui d’une manière ou d’une autre. Il est clair qu’il aura les 5 membres restants des 6, menés par Bahloul, qui ont décidé de boycotter la session du BF de septembre et de signer le PV de la réunion, en ligne de mire. Ces derniers doivent désormais savoir à quoi s’en tenir.

Entre la dictature et l’intransigeance, le fil est mince
Cependant, cette démonstration de force d’Amara ne doit pas prendre des allures de dictature en interne. Il est normal que le premier décideur ait de l’orgueil. Certes, il y a la hiérarchie en place à respecter. Mais les autres membres de l’organigramme doivent avoir un rôle et un droit de regard sur les affaires courantes en lien avec le football national.
Tout capitaine a besoin d’un équipage pour mener son bateau à bon port. Et il ne servira à rien de les jeter un par un par-dessus bord. Amara doit être ferme mais ouvert aux avis de son BF. C’est ainsi qu’il pourra consolider son statut de président. Autrement, les luttes intestines ne pourraient que le rendre vulnérable et agrandir le cercle des ennemis qui l’attendent au tournant. n