«La béatification est un évènement qui va marquer l’histoire de l’Eglise catholique en Algérie, surtout dans sa démarche universelle pour le dialogue et le vivre-ensemble dans la diversité», a déclaré Monseigneur Jean Paul Vesco, l’évêque d’Oran. En marge d’une conférence organisée, avant-hier, au centre Pierre-Claverie, à Oran, sous le thème «De quoi parle-t-on»

, l’évêque de la région a expliqué le sens et les enjeux de cet événement qui aura lieu à Oran le 8 décembre prochain «face au monde entier». Lors de son intervention, le même responsable a mis en avant les sacrifices des religieux. «Ils étaient dix-neuf à vouloir rester en Algérie, malgré toutes les menaces sur leurs vies. Ils sont restés avec leurs voisins algériens musulmans. Cela signifie que ces martyrs ont préféré mourir plutôt que de renoncer à leurs devoirs, ce n’est pas une mort par haine de foi». Soulignant, en ce sens, que «la question n’est pas que ce sont des chrétiens assassinés par des musulmans, mais ce sont des chrétiens tués avec les musulmans, et cela change tout», a-t-il insisté. Il a tenu à rappeler que «les dix-neuf religieux assassinés seront béatifiés le 8 du mois prochain à Notre-Dame de Santa Cruz, à Oran». Il s’agit, de «la béatification de Mgr Pierre Claverie, des 7 moines de Tibhirine et de 11 autres prêtres et religieuses tués dans les années 1990», a-t-il expliqué.

«La cérémonie en l’honneur des 19 religieux assassinés durant les années noires aura lieu en Algérie. C’est la volonté du Vatican», a-t-il confié. Dans ce sens, il a noté que c’est un choix «symbolique» qui avait reçu l’approbation des deux parties. Il ajoute que «l’Algérie, un pays musulman, de ce fait, nous nous sommes demandé si nous devions célébrer cette béatification en Algérie ou à Rome». Dans le même cadre, il a dit que l’Etat algérien a beaucoup facilité les procédures de ladite cérémonie. «Tout ce qu’a fait l’Eglise catholique en Algérie a été fait en étroite collaboration avec les autorités algériennes», indiquera-t-il, précisant que, jusqu’à maintenant, «les autorisations que nous avons demandées ont eu des réponses positives et de manière concrète».
«Nous ne sommes pas en train de préparer une belle fête ou une grande fête, non, pas du tout. On est en train d’essayer de rendre audible au monde entier un témoignage et je pense que, aujourd’hui, ce témoignage a du sens tel qu’il est.» n