Plus que leur disponibilité sur le marché, le prix des bavettes suscite débat au sein de la société, notamment depuis la décision du gouvernement décrétant « obligatoire » leur port dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Et si le président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) juge que le prix réel de la bavette ne devrait pas dépasser 15 DA l’unité, le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) plaide carrément la gratuité de ce produit.
Le président du SAP, Ghachi Lounès, considère que le prix du masque plafonné par le ministère de la Santé à 40 DA est « trop élevé » pour le citoyen, d’où son plaidoyer pour le distribuer « gratuitement comme cela s’est passé dans certaines wilayas du pays », dit-il. Dans une déclaration à Reporters, il explique que l’Algérien « ne pourra pas se procureur des bavettes jetables tous les 2 ou trois heures à 40 DA l’unité ». Il appelle, dans ce sens, à les distribuer gratuitement, notamment pour ceux impactés par l’arrêt de travail et le chômage forcé dû au coronavirus. « La cherté des bavettes de protection impose de les céder gratuitement», insiste-t-il.
Le responsable du Snapo a mis en évidence le risque de voir la commercialisation des bavettes faire l’objet de spéculation, abondant ainsi dans le même sens que le SAP qui s’est déjà indigné sur des pratiques enregistrées ici et là sitôt annoncé le port obligatoire des bavettes.
A ses yeux, les intermédiaires exploiteront cette note du Premier ministère pour tirer profit et engranger des gains importants dans la vente de ce produit. Certaines officines ont déjà renoncé à la vente des masques de protection car le prix de l’unité a dépassé les 80 DA l’unité dans certaines régions, avait dénoncé le Snapo.
Pour le SAP, il revient à la société civile et aux forces de l’ordre de mener des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens pour veiller au respect des mesures de sécurité, notamment, la distanciation sociale. S’agissant du citoyen ayant écopé d’une amende de 10 000 DA pour non-respect des règles de confinement et non-port du masque de protection, le président du SAP qualifie « d’exagérée » » une sanction pareille, notamment dans un contexte où, nombre de personnes, ont cessé de travailler depuis plus de deux mois à cause de l’épidémie, ce qui oblige de prendre toutes ces données en considération.
Pour rappel, les contrevenants aux directives de l’obligation du port du masque et du respect des règles de confinement sont poursuivis pour délit de viol de lois administratives et d’atteinte à la santé publique. Un article du codé pénal prévoit une amende de 10 000 à 20 000 DA ou de trois jours de prison au plus pour le contrevenant.<