Considérablement lésée lors du premier acte de la finale de la Ligue des Champions CAF à Alexandrie (Egypte), l’Espérance de Tunis a réussi à colmater ce qui ressemblait à un vrai rêve brisé. Face au géant du Ahly SC, huit fois vainqueur du tournoi, les  « Sang et Or » ont refait un retard de deux réalisations après leur défaite 3 buts à 1 lors du match « aller ». Les coéquipiers de l’Algérien Youcef Belaïli sont sortis vainqueurs de la deuxième manche à Radès avec une victoire nette et sans bavure. Un franc succès (3/0) synonyme de la troisième consécration en la matière après celles de 1994 et 2011.

Le 2 novembre dernier, les Tunisiens rentraient des terres égyptiennes avec une énorme frustration et le sentiment de s’être fait voler. Les Cairotes venaient de prendre une sérieuse option pour décrocher la 9e couronne dans la C1 africaine grâce à un arbitrage du directeur du jeu Dz, Mehdi Abid Charef, jugé, selon les observateurs, de «favorable». L’un des meilleurs referees en Algérie avait, tout simplement, livré une prestation arbitrale des plus lamentables. Désastreuse -justement- c’est le mot exact pour qualifier la copie rendue par le club mythique du Caire vendredi à Tunis. Un seul tir durant les 90 minutes. Et il n’était même pas cadré. Trop peu pour espérer sortir indemne face à des « Espérantistes » loin d’être fatalistes ou attentiste. Très forts mentalement, les joueurs du « Taraji » ont décanté la situation juste avant la pause (45’+2) lorsque Saâda Bguir, bien qu’en déséquilibre, avait réussi à trouver la faille. Un «goal» qui a permis aux siens de croire pour repasser devant sur l’ensemble des deux confrontations. Bguir, toujours, a récidivé à la 54e minute avec une tête décroisée. Une action dans laquelle Youcef Belaïli a été directement impliqué.
D’une superbe feinte, l’ancien sociétaire de l’USM Alger a réussi à se déjouer de deux adversaires pour faire basculer le bloc des « Diables Rouges » avant de servir Anice Badri dernier passeur sur l’action victorieuse.

Une prime de 2.2 millions d’euros

Le même Badri se chargera de porter le coup de grâce à 6 minutes de la fin du temps réglementaire en envoyant en enroulant, des 25 mètres, le ballon parti mourir dans le filet opposé de Mohamed El Shenawy. Clin d’œil du destin (ces deux joueurs sont habituellement remplaçants des deux suspendus Franck Kom et Chamseddine Dhaouadi NDLR) et une véritable démonstration des poulains de Mouine Chaâbani, coach de l’EST, qui avait précisé que rien n’était encore joué à l’issue de l’« acte I » malgré un handicap de 2 buts à combler. Ses protégés ont pu trouver les ressources mentales pour oublier le scénario cauchemardesque d’il y a 9 jours au pays des pyramides et jouer le va-tout avant-hier. « Cette consécration intervient dans des conditions difficiles. Tout le monde a pu voir ce qui s’est passé lors du match «aller». On a su faire le plus important : être concentrés sur le terrain. Ça a été décisif et on a mérité ce succès », a déclaré le capitaine Khalil Chemmam. Quant à son entraîneur, il a retracé le parcours de son team dans cette campagne continentale de 2018 au terme de laquelle ils ont décroché la 3e étoile et une prime de 2,2 millions d’euros. «Personne ne donnait cher de l’Espérance dans ce tournoi à son début mais on a réussi à finir champions», a savouré Chaâbani qui est l’un des plus jeunes drivers (37 ans) décorés de l’or dans la C1. C’était l’épilogue idéal pour lui et sa troupe après une longue et périlleuse aventure où ils sont passés par tous les états. Surtout lors des 4 dernières sorties. Désormais, la prochaine mission sera de représenter l’Afrique lors de la Coupe du Monde des clubs FIFA 2018 prévue du 12 au 22 décembre prochains aux Emirats arabes unis.