La commune de T’kout, 95 km du chef-lieu de wilaya de Batna, est de nouveau plongée dans le deuil. Deux tailleurs de pierre, âgés de 35 et 45 ans, sont décédés cette semaine des suites de la « silicose », faisant passer le nombre des victimes de cette maladie à plus de 138, alors que des dizaines d’autres sont toujours en danger de mort.

Chaque année, la taille de pierre, principale activité de la région, emporte davantage de tailleurs. En réaction à cette énième perte humaine, les habitants de la commune ont organisé, le lendemain de la mort des deux victimes, une marche de protestation non seulement pour dénoncer le mutisme des autorités face à cette catastrophe, mais aussi pour exiger de ces dernières de tenir leurs promesses. En effet, le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière a promis « l’ouverture d’un hôpital avec un service de pneumologie à T’kout ». Le 18 septembre 2016, Abdelmalek Boudiaf, en déplacement à Batna, avait annoncé que l’hôpital de T’kout allait ouvrir ses portes au mois de janvier 2017 avec un service de pneumologie bien équipé pour prendre en charge les malades de la silicose. « La promesse de la construction de l’hôpital de T’kout n’est pas nouvelle et ne date pas de 2016 mais, remonte à 2007. Sauf que chaque année son ouverture est reportée », dénonce Fayçal Achoura, un habitant de la commune que nous avons contacté. Selon notre interlocuteur, les habitants de T’kout veulent la concrétisation des promesses des autorités. «A chaque décès, c’est le même scénario. La population est indignée et manifeste sa colère. Cette fois, nous sommes décidés à ne plus nous laisser faire. Il nous faut cet hôpital dans les plus brefs délais », affirme Achoura. Ce dernier nous dira que depuis le début du mouvement de protestation, le 5 février dernier, le directeur de la santé de la wilaya de Batna a demandé de se réunir avec les habitants de la commune mais ces derniers ont refusé en demandant au responsable de se déplacer à T’kout pour « voir de plus près ce que nous vivons au quotidien ». Tout en affirmant que la construction d’un hôpital n’est pas une fin en soi, puisque les protestataires revendiquent d’autres droits surtout dans le domaine du cadre du travail. « Nous pensons élargir notre mouvement si rien n’est fait d’ici là », conclut notre interlocuteur.