Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) s’apprête à organiser un salon essentiellement axé sur «la production de biens et services dans le secteur du bâtiment». Cet évènement, prévu les 18, 19 et 20 décembre, sera exclusivement réservé aux industriels et prestataires de services nationaux.

Il s’agit d’une initiative décidée pour donner une visibilité aux pouvoirs publics et leur permettre de connaître les capacités installées de la production nationale de toutes les filières des travaux publics et du bâtiment. En somme, il s’agit, par ce salon, de réaliser une cartographie des entreprises nationales du domaine susceptibles de satisfaire la commande publique et appliquer le principe de la préférence nationale.
Le FCE explique son projet de salon en appui «aux programmes ambitieux de l’Etat» et «l’opportunité» qu’ils offrent à l’industrie nationale du bâtiment» dont la «construction de 120 000 logements, un projet de 330 milliards de dinars bouclé le 28 novembre 2017 dernier par le ministère de l’Habitat, le Crédit populaire d’Algérie (CPA), l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) et la Caisse nationale du logement (CNL).
La démarche du «Forum» est de tirer bénéfice de la crise financière actuelle que connaît le pays pour inverser la tendance au sein d’un marché dont les projets sont jusque-là réalisés à 70% par des entreprises étrangères et 30% par des opérateurs nationaux. Dans les faits, cette tendance est déjà en cours si l’on tient compte des témoignages des opérateurs étrangers qui participent jusqu’à aujourd’hui au Salon international des travaux publics (SITP). L’entreprise italienne, Condor SPA, spécialisée dans le coffrage métallique, note par exemple une «chute» de ses activités en Algérie. «En 2015-2016, l’Algérie a lancé près de 60 appels d’offres. En 2017, il y a eu uniquement deux appels d’offres» et une «tendance à privilégier l’opérateur algérien» dans ce domaine, souligne Alfredo Sellitti, directeur de l’entreprise italienne, qui estime le marché algérien dans cette activité à 30 millions d’euros annuellement. Ce n’est pas beaucoup, mais cela pourrait être d’un sérieux appel d’air pour une PME algérienne.