PAR NAZIM BRAHIMI
Reportée en 2020 à cause de la pandémie, le salon des professionnels du bâtiment et des travaux publics revient cette année dans un contexte de marasme et d’espoir de reprise pour un secteur considéré comme un baromètre de la capacité d’un pays à surmonter la crise économique.
Après avoir raté l’édition 2020 à cause de la pandémie, le Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec) revient cette année pour marquer sa 23e édition, dont l’ouverture aura lieu aujourd’hui au Palais des Expositions de la Safex, à Pins-Maritimes (Alger).
L’événement, qui s’étalera jusqu’au 11 novembre, intervient dans un contexte de crise à la fois économique et sanitaire qui frappe de plein fouet le secteur du bâtiment. «Le secteur patauge, comme ne cessent de se plaindre les professionnels».
Lors de l’édition 2019, il y a eu la participation de 1 065 exposants dont 650 sociétés nationales et 415 sociétés étrangères. Cette année, les organisateurs misent sur la présence de 700 entreprises nationales et 600 autres étrangères qui viendront de 20 pays partenaires de l’Algérie dont la Chine, la Turquie, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France…
«Le rendez-vous incontournable des bâtisseurs a atteint un haut niveau de maturité et de performance, après plus de deux décennies d’existence», ont souligné les organisateurs à la veille de l’inauguration de cette manifestation.
«Il permettra, en plus du volet exposition, de nouer des échanges enrichissants entre les professionnels aguerris, dans le cadre du débat qu’entretiennent les organisateurs qui s’inscrivent en droite ligne de la dynamique de développement national, de diversification économique, de perspectives d’exportation», ajoutent-ils.
Du côté des opérateurs, les signes d’alertes n’ont pas manqué ces dernières années, notamment ceux émanant de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) qui a fait état de 5 000 entreprises en faillite, générant la perte de 150 000 emplois, et aussi des retards énormes dans la livraison des sites.
Pour l’AGEA, «il faut des mesures urgentes afin de permettre de sauver l’année 2022», estimant que 2021 est «déjà à considérer comme une année blanche pour le secteur du bâtiment». Le premier responsable de l’AGEA, Miloud Kheloufi, a estimé que «l’absence de programmes de construction dans le pays et le gel de plusieurs autres sont derrière la diminution, voire l’inexistence, d’un plan de charge des projets.
«Les aides annoncées par les ministères des Finances et du Commerce et la Banque d’Algérie ont porté sur un soutien aux entreprises durant cette période de pandémie, mais elles ne sont pas réellement exécutées sur le terrain», a pointé M. Kheloufi, pour qui «plusieurs entraves bureaucratiques ont caractérisé la mise en place de ces aides, a-t-il souligné, ce qui a encore «aggravé la situation financière des entreprises du BTP et accéléré leur faillite».
Cette crise a été par ailleurs accentuée, depuis début 2020, par le contexte de pandémie sanitaire et les mesures de confinement qui ont mis plus de 24 000 entreprises du bâtiment à l’arrêt, selon le Directeur général du logement au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Anis Bendaoud. Il faut souligner que la suspension, durant deux années, des activités du Palais des expositions de la Safex, Pins-Maritimes, à cause de la pandémie de la Covid-19 a fait perdre 8 millions de dollars à l’entreprise publique avec une moyenne de 4 millions de dollars par an, a affirmé le PDG de la Safex. <