Et si tous les départements gouvernementaux et les institutions de l’Etat se concertaient réellement pour combattre ensemble la Covid-19 ! Evidemment, dans le discours des officiels, et dans les médias « tout va bien », rien n’indique que cela n’a pas été fait. Cependant, et il faut le souligner avec insistance, rien n’indique également que cela avait été fait, ou au moins est en train de se réaliser. Si c’était le cas, si vraiment il y avait eu une quelconque synchronisation entre les ministères (et pas uniquement ceux de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique), le résultat n’aurait pas été celui que tout le monde constate, et que de nombreux Algériens subissent dans leur chair.
Pourtant, cette coordination ne peut être ni un souhait, ni un vœu, encore moins une pensée. C’est une exigence que tous les responsables du pays doivent réaliser et arracher même devant tous les récalcitrants et les incompétents. Deux, ou trois, ou même quatre ministères, ne peuvent pas faire face seuls devant l’ampleur de la situation sanitaire qui frappe l’Algérie. Rassembler toutes les forces ne peut plus dépendre de l’assentiment de certains ou de leur disponibilité.
La sortie médiatique hier, du Pr Kamel Sanhadji, Président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), sur les ondes de la radio chaine 3, est venue rappeler cette triste réalité. Il n’est pas question ici de critiquer ses déclarations (qui d’ailleurs étaient très pertinentes). Il s’agit tout simplement d’un certain désarroi que ce scientifique, reconnu en Algérie et sous d’autres cieux, avait du mal à vraiment cacher. Voilà une agence créée il y a plus d’une année (le 13 juin 2020), par décret présidentiel, mais dont l’apport n’a pas été visible sur le terrain. La faute à qui ? Au Pr Kamel Sanhadji ! Ce serait trop facile, même s’il a, sans aucun doute, sa part de responsabilité.
Tout simplement, cette ANSS se retrouve, depuis sa création, à combattre la bureaucratie étatique pour avoir un siège, pour pouvoir recruter, pour aspirer à un budget, et bien d’autres « détails ». Ces derniers auraient été plus au moins acceptables si le pays était dans des conditions « normales ». Mais ce n’est pas le cas. Il faut le répéter oui, ce n’est pas normal ce qui se passe dans ce pays avec tous ces morts signalés dans toutes les régions, et touchant tout le monde. Cette agence aurait pu apporter (comme bien d’autres institutions) un apport sans aucun doute considérable. Ce n’est pas une quelconque hypothétique, c’est une vérité, sans ambages. Elle l’est d’autant plus que le résultat obtenu à ce jour est des plus terribles
Ceux qui ne voient pas, en détournant la tête, il faut la leur tourner dans le bon sens. Ceux qui n’arrivent pas à voir, par cécité, il faut leur crier aux oreilles, ou (et) leur écrire en braille. Le plus important, c’est de ne pas rester spectateur, mais d’être de vrais acteurs.