En règle générale, quand il est question d’héritage, c’est habituellement des avantages sur lesquels les bénéficiaires peuvent s’appuyer pour réaliser leurs objectifs. Toutefois, et ça concerne plusieurs secteurs, en Algérie, la situation est bien différente.
Le cas de l’Ansej, qui a changé, il y a quelques mois, de dénomination pour devenir l’Agence nationale d’appui au développement de l’entreprenariat (Anade), peut refléter les tares d’un système dont l’objectif a été, avant tout, d’essayer de gagner au maximum la paix sociale et cela au détriment de l’intérêt du pays. Près de 25 ans après son lancement, les résultats sont édifiants. Création de 400 000 projets et 334 milliards de dinars déboursés, pour se retrouver, au final, avec un taux de réussite ne dépassant pas les 30% !
Il est vrai que le constat n’est pas nouveau, et la presse – en l’absence d’une classe politique s’intéressant aux problèmes cruciaux du pays touchant tous les citoyens – a souvent abordé cet état des lieux, mais les conséquences persistent encore. Les données dévoilées récemment par Nassim Diafat, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Micro-entreprises, viennent remuer le couteau dans la plaie, déjà bien béante.
En une semaine, et sur les 500 dossiers d’entreprises défaillantes ayant bénéficié des avantages du dispositif de l’ex-Ansej, et qui ont demandé l’effacement de leurs dettes, la moitié ont obtenu un OK. 250 acceptations pour seulement 6 rejets. Les 230 autres dossiers ont été par contre différés. De bien tristes chiffres. Ils viennent également montrer que l’Anade, créée il y a plus de trois mois, a perdu, et perdra, beaucoup de temps à colmater les brèches du dispositif précédent. L’héritage est lourd et contraignant. Il va falloir encore du temps et des efforts pour essayer de fermer ces dossiers-boulets, ce qui équivaudra également à reporter les projets pour lesquels l’Agence a été créée. En attendant de concrétiser les espoirs mis sur l’entrepreneuriat, la défaillance reste encore maître des lieux.
Il y a néanmoins un espoir sur lequel il est possible de s’accrocher, celui de retenir les leçons de tous ces ratages. L’assistanat ne sied jamais à une bonne gouvernance. Par contre, la responsabilisation, si.