Kyrie Irving a marqué 60 points dans la nuit de mardi à mercredi, un jour après les 60 unités de Karl-Anthony Towns. La ligue vit un mois de mars complètement fou au scoring. Avec déjà sept matches à 50 points ou plus en mars alors qu’il reste presque deux semaines de compétition. Un vrai régal pour les amateurs de grosses performances.
La compétition de basket la plus suivie aux Etats-Unis débute jeudi. Et non, il ne s’agit pas de la NBA mais bien de la March Madness, tournoi universitaire qui déchaîne les foules tout au long du mois de mars. D’où son nom. Mais en attendant que les talents de demain s’affrontent pour défendre leurs facs respectives, leurs aînés ont trouvé une méthode pour maintenir l’attention sur eux : en menant une campagne frénétique au scoring aux quatre coins du pays.
Comme souvent, LeBron James a donné le ton et le reste de la ligue l’a suivi. Les 56 points du King contre les Warriors le samedi 5 mars ont entraîné une vague de performances exceptionnelles. Le lendemain, Jayson Tatum plantait 54 pions aux Nets. Kyrie Irving prenait sa revanche en claquant 50 points aux Hornets, tandis que son coéquipier Kevin Durant en inscrivait 53 lors du derby new-yorkais contre les Knicks.
Entretemps, James a atteint à nouveau la barre des 50, tous ronds, lors d’un duel avec les Wizards. Karl-Anthony Towns a fait basculer le duel à distance entre les superstars dans une toute autre dimension en marquant 60 points lundi soir. Et maintenant, Irving l’a imité avec ses 60 unités contre Orlando – qui avait déjà encaissé 50 points de Jaylen Brown et Joel Embiid en janvier – la nuit du lundi à mardi. Waouh.
UNE PREMIÈRE DEPUIS 1962
« Comme vous pouvez le voir, les joueurs alignent des statistiques folles un peu partout dans la ligue », remarque le meneur de Brooklyn après avoir battu le record de sa franchise. Sept matches à 50 points au cours du même mois, c’est effectivement peu commun. Il faut remonter à… décembre 1962 pour retrouver la trace d’une période aussi prolifique. Wilt Chamberlain en a claqué 6 à lui tout seul à l’époque, plus 3 autres d’Elgin Baylor. Mais c’est loin d’être un record.
Chamberlain, vrai extraterrestre des chiffres, a déjà fini le mois de janvier 62 avec 13 matches à 50 perfs ou plus. Même total juste avant, en décembre 61. Une machine. Il a terminé cette saison-là avec 45 pointes de la sorte. Mais même sans rivaliser avec le Hall Of Famer, les stars actuelles sont quand même sacrément prolifiques. «LeBron a mis le feu en NBA avec ses deux matches à 50 points. KAT en marque 60 lundi et maintenant Kyrie 60 mardi. J’adore le fait que ces gars-là essayent de faire mieux les uns que les autres. Qui est le prochain ?» , a tweeté notamment Matt Barnes, ancien joueur NBA devenu consultant.
COMMENT EXPLIQUER
UN TEL PHÉNOMÈNE ?
Les meilleurs joueurs de cette ligue se répondent-ils consciemment à coup de grosses performances ? Il est difficile de trouver une explication à cette effusion de cartons. Peut-être tout simplement parce qu’il n’y en a pas vraiment. Mais c’est vrai que ça créé petit à petit une atmosphère globale. C’est contagieux. Chacun y va de sa prestation XXL.
Surtout que les playoffs approchent et les stars sont censés monter en puissance. D’ailleurs, au-delà des matches à 50 points, Trae Young a enchaîné 47 et 46 points en début de semaine. Stephen Curry en a aussi marqué 47. Même Josh Hart en a mis 44 ! Les pointes autour des 40 unités passent désormais presque inaperçues. C’est bien le signe d’un moment particulier en NBA.
Les records au scoring sont de toute façon amenés à être battus – sauf ceux de Chamberlain – parce que le jeu a évolué. Cela fait maintenant quelques années qu’il y a de plus en plus de rythme, de plus en plus de possessions et donc de plus en plus d’opportunités de marquer, de plus en plus de mouvements et surtout de plus en plus de tirs trois-points. Les règles favorisent à fond le spectacle. Tout doit mener à une célébration et donc à un nouveau record. Irving et Durant sont par exemple devenus les premiers coéquipiers à planter 50 points ou plus lors de deux matches consécutifs. « 60 points de Kyrie juste après la performance incroyable de Towns… la NBA se porte vraiment bien. C’est génial. Il y a tellement de talents mis en avant chaque soir », résume KD. C’est peut-être ça, le constat le plus juste : la ligue est plus forte que jamais. Il y a eu des grands joueurs à toutes les époques, bien entendu. Mais avec le niveau de préparation dont disposent les stars actuelles, les données à leur portée, les méthodes d’entraînement, les connaissances grandissantes de la science, tout est réuni pour que de plus en plus de joueurs atteignent l’élite. Pour le plaisir de nous tous. n