Par Nadir Kadi
Alors que le manque de précipitation durant les mois de janvier et février avait fait craindre un été particulièrement difficile, les nouvelles évaluations des niveaux des barrages après les pluies de ces dernières semaines laissent apparaître une hausse relativement importante du taux de remplissage à l’échelle nationale. Le Coordinateur principal à l’Agence nationales des barrages et des transferts (ANBT) Ouglaouane Mourad, a en effet déclaré, hier, que la moyenne nationale, sur les près de 80 barrages et retenues d’eau du pays, était de l’ordre de 44,52% de la capacité de remplissage, alors que ce même indicateur était de 34% en novembre dernier et 26% à la fin de l’été 2021. Le responsable, qui est intervenu sur les ondes de la Radio nationale Chaîne II, ajoute toutefois que de fortes disparités sont constatées entre les régions Ouest et Est du pays. En tout cas, la nouvelle évaluation éloigne l’éventualité de fortes pénuries d’eau durant la prochaine saison estivale. «Nous pouvons dire que, comparativement au début de l’année, ces taux sont moyennement acceptables», note en ce sens Ouglaouane Mourad, avant d’indiquer que le volume d’eau actuellement emmagasiné avoisine les 2,6 milliards de mètres cubes. Une situation qui enregistre en ce sens une certaine amélioration, mais reste toutefois loin de l’optimale, le responsable soulignait, en effet, que l’ensemble des retenues du pays pourrait emmagasiner un volume théorique de près de 7 milliards de mètres cubes.

Situation toujours préoccupante au centre et à l’ouest
Par ailleurs, il apparaît que les disparités entre les régions restent toujours aussi marquées ; ainsi au-delà des zones du sud du pays, l’ouest et le centre de la région nord sont encore dans des situations préoccupantes avec respectivement 26% et 24% de remplissage des barrages. Seules les régions de l’est semblent sortir du lot avec un taux de remplissage des barrages estimé, à l’heure actuelle, à 61% des capacités. Pour rappel, les barrages des régions ouest et centre avaient atteint des niveaux critiques, le directeur central à l’Agence nationale des barrages (ANB), El-Ouardi Larbi Cherif, avait en ce sens déclaré, en novembre 2021, : «A l’ouest nous sommes environ à 20% (…) Mais le problème est surtout au centre, les barrages qui alimentent la capitale sont à près de 10% de remplissage.»
Quant à la question de l’entretien des barrages, et plus précisément les opérations d’extraction de vase, Ouglaouane Mourad a rappelé que ce genre de travaux doit être effectué régulièrement : «L’envasement est un phénomène naturel conséquent des changements climatiques (…) Quand les températures sont importantes, la terre est fragilisée, puis avec les crues elle est arrachée et transportée vers les barrages.» Il a indiqué que plusieurs barrages enregistrent des taux importants d’envasement à près de 13%, ce qui limite mécaniquement le remplissage en eau : «Actuellement, nous avons 80 barrages au niveau national avec un capacité globale de plus de 7 milliards de mètres cubes (…) Le volume de vase est approximativement de 1,2 milliard de mètres cubes, soit 13% des capacités de stockage des barrages». Dans ce sens, le même responsable a également annoncé que plusieurs opérations d’extraction de vase sont en cours ou sur le point d’être lancées. «Pour l’extraction de cette vase nous utilisons des méthodes hydraulique ainsi que des embarcations avec dagues afin d’augmenter les capacités des barrages les plus touchés (…) De nombreux projets ont été lancés, notamment au niveau du barrage de Foum El Gherza (wilaya de Biskra) où nous avons extrait 8 millions de mètres cubes (…) Au niveau du barrage de K’sob (wilaya de Msila), nous sommes en train d’extraire 5 millions de mètres cubes de vase, (…) ou encore au niveau du barrage de Beni Amrane (Boumerdès) où il s’agira d’extraire
5 millions de mètres cubes également», a-t-il précisé.