La répartition des pluies enregistrées depuis la fin de novembre dernier à ce jour a été plutôt disparate sur les zones côtières et les Hauts-Plateaux. Cela donne, en termes de taux moyen national de remplissage des barrages en exploitation, un pourcentage de 44,60%. Ainsi, selon l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) qui rapporte l’information, les apports enregistrés dans les 80 barrages que compte le pays, durant la période indiquée, ont dépassé 1,03 milliards m3, «ce qui porte le volume global mobilisé dans les barrages à plus de 3,4 milliards m3», est-il souligné dans un communiqué de l’ANBT rendu public mardi.
Cette même source donne également le détail de la situation hydrique par région. Concernant le taux actuel de remplissage des barrages de l’Ouest, l’Agence l’estime à hauteur de 27,49%. Un taux qui résulte de l’apport enregistré durant la même période, soit un volume qui avoisine 53 millions de m3. Ce qui porte le volume total mobilisé dans les barrages de l’Ouest à 264,30 millions de m3. Toujours à propos des barrages de l’Ouest du pays, il est mentionné dans le communiqué que c’est dans la région du Cheliff que l’apport enregistré a été plus important par rapport aux autres barrages de la même région. En effet, l’apport dans le Cheliff a dépassé 152 millions de m3, correspondant un volume mobilisé de 480,75 millions de m3, soit un taux de remplissage de 30,13%.
Quant à la région Centre, elle a enregistré un apport de l’ordre de 151,8 millions de m3, permettant d’avoir un volume mobilisé de 439,73 millions de m3, soit un taux de remplissage de 24,18 %.
Enfin, dans la région Est, l’apport enregistré est de plus de 647 millions de m3, portant le volume mobilisé à plus de 2,2 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 67,33 %. Mais avec cette particularité, cinq barrages ont atteint un remplissage de 100% forçant l’ANBT à procéder à des lâchers sur chacun de ces ouvrages, à savoir Kissir et Boussiaba (Jijel), Mexa (El Tarf), Beni Haroun (Mila) et Beni Zid (Skikda).
Au registre des prévisions de remplissage supplémentaires des barrages du pays, l’ANBT reste optimiste. Selon l’Agence, les volumes mobilisés devraient augmenter davantage dans les mois à venir grâce aux épisodes pluviométriques attendus durant cet hiver, ainsi que la fonte de la neige permettant de fournir des quantités d’eau supplémentaires considérables à l’état de la réserve actuelle. Il importe de savoir qu’au mois d’octobre dernier, pas moins de 12 barrages ont connu des baisses de niveau de remplissage alarmant. Et n’étaient les apports enregistrés entre novembre et janvier courant, la situation de ces barrages se serait davantage aggravée au point de rendre très difficile l’alimentation en eau potable des centres urbains et des zones d’irrigation dépendant de ces barrages.
Rappelons que la moyenne de remplissage de l’ensemble des barrages avoisinait, en janvier 2020, 63% soit 4 milliards m3. Et c’est grâce à ce taux que la période de stress, qui a duré de janvier à avril 2020, a pu être traversée sans trop de conséquence sur l’AEP, mais côté irrigation agricole, c’était la cote d’alerte. C’est dire qu’avec un taux de remplissage actuel de 44,60%, de mauvais scénarios sont à redouter si la pluie n’est pas suffisamment au rendez-vous dans les prochaines semaines. n