La ministre soudanaise des Affaires étrangères, Maryam Al-Sadiq Al-Mahdi a déclaré que le Soudan voudrait un accord juridique contraignant sur le remplissage et l’exploitation avant le deuxième remplissage en juillet du barrage de Renaissance construit par l’Ethiopie sur le Nil Bleu, ont rapporté dimanche des médias soudanais. Selon l’agence de presse soudanaise (Suna), la ministre a affirmé que «le Soudan attend avec impatience de parvenir à un accord juridique contraignant sur le remplissage et l’exploitation avant le deuxième remplissage du barrage de Renaissance», indiquant que «cette vision soudanaise a trouvé un grand consensus national, notamment au sein du gouvernement de transition et auprès du peuple soudanais, et a aussi trouvé une compréhension régionale et internationale». Lors du Forum des anciens étudiants de l’Université américaine du Caire et de la Jordanie, organisé en vidéconférence samedi, la ministre a assuré que «le Soudan est prêt à négocier afin de résoudre la question par des moyens pacifiques et sous les auspices de l’Union africaine». Par ailleurs, la ministre a souligné que «les Etats-Unis ont joué un rôle important dans la médiation, qui a permis de résoudre des problèmes techniques et juridiques et de faire avancer les négociations». Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique en Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l’Ethiopie et l’Egypte. L’Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage comme une menace pour son approvisionnement en eau. De son côté, le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Ethiopie procède au remplissage du GERD avant qu’un accord ne soit conclu. L’Ethiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d’habitants. Les deux pays en aval du barrage ont exhorté l’Ethiopie à ne pas effectuer le remplissage avant la signature d’un accord. Mais Addis-Abeba a annoncé en juillet 2020 qu’elle avait atteint son objectif de remplissage de la première année et qu’elle procéderait à la deuxième étape en juillet de cette année, qu’un accord soit conclu ou non. n