Réduit à son plus bas niveau ces derniers jours, le barrage Boukerdane de la commune de Sidi Amar, au sud de Tipasa, assiste actuellement à la mort de quantités considérables de poissons. Le manque d’eau dans cette infrastructure associé aux fortes chaleurs dans la région provoquent une baisse d’oxygène qui cause la mort des poissons, expliquent les responsables du secteur.

Synthèse Feriel Nourine
Certes, le phénomène de la mort de poissons vivant dans les barrages est enregistré, chaque année, dans ces structures vitales en raison des vagues de chaleur lors de la saison estivale et de la baisse du niveau d’oxygène dans les eaux, rappelle-t-on. Cependant, les moyennes de cette année dépassent celles enregistrées les années précédentes, s’inquiète-t-on.
Cette situation préoccupante a poussé le ministère de la Pêche et des Productions halieutiques à dépêcher une commission d’enquête sur les lieux pour en déterminer les causes et prendre les mesures qui s’imposent. Elle est composée de directeurs du Laboratoire national de contrôle de la qualité, du Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture (CNRDPA) et de la direction de contrôle des activités de la pêche et de régulation du marché auprès du ministère. Ces derniers ont pris des échantillons de poissons morts et des eaux du barrage pour effectuer les analyses scientifiques et déterminer les causes de cette mort, avec l’élaboration d’un rapport détaillé à présenter au ministre.
En attendant ce rapport, le Directeur central de l’aquaculture auprès du ministère de tutelle et membre de ladite commission, Rachid Annane, a constaté que « la baisse du niveau des eaux (estimé actuellement à 50 cm au-dessus du niveau du sol) a entraîné une baisse de la quantité d’oxygène dans l’eau, ayant causé la mort d’une grande quantité de poissons en dépit des actions préventives entreprises par les services du ministère pour éviter la catastrophe». M. Annane fera savoir que, depuis deux ans, plusieurs opérations de pêche préventives ont été organisées au barrage Boukerdane, comme c’est le cas au niveau de nombreux autres barrages, théâtre d’une baisse persistante de leur niveau « dans le but de pêcher la plus grande quantité de poisson, pour éviter leur mort. Le même responsable a signalé une hausse dans les opérations de pêche du poisson au niveau des barrages, dont la moyenne des captures est passée de 1,5 à 11 tonnes/mois, durant ces derniers mois, a-t-il souligné. A noter que le niveau des eaux du barrage de Boukerdane, d’une capacité théorique de 120 millions m3, à sa mise en eau durant les années 1980, a commencé à baisser depuis près de deux saisons en raison de la sécheresse et des faibles précipitations. Le niveau actuel du barrage ne dépasse pas les 400 000 m3, alors qu’en février 2020, il affichait un taux de remplissage de 22 millions m3, selon le Directeur des ressources en eau.
Cette infrastructure alimente en eau potable pas moins de 7 communes, à savoir Hadjout, Meurad, Sidi Amar, Sidi Ghilès, Cherchell, Nador et Tipasa, en plus du douar Khechni de la commune de Aïn Tagourait. Les besoins de ces localités sont estimés à 11 millions m3 par an.
Les autorités de la wilaya ont décidé, la semaine dernière, le raccordement des communes de la partie Ouest de Tipasa de la station de dessalement d’eau de mer de Fouka, ont fait savoir les services concernés.