La mission des banques dans la collecte des ressources, « notamment en direction de la masse monétaire non bancarisée », a été mise en évidence, encore une fois, hier, par le ministre des Finances Mohamed Loukal. Ce dernier est revenu sur la nécessité pour ces établissements financiers d’offrir « des services plus larges et des produits innovants » de sorte à élargir les segments de leur clientèle.

Une politique agressive peut se traduire par, entre autres, des taux de placements « plus attrayants », a-t-il souligné. Il s’agit de « développer d’avantage d’agressivité commerciale en matière de la collecte des ressources », a insisté M. Loukal lors de la cérémonie d’installation du nouveau P-DG de la Banque nationale d’Algérie (BNA), Miloud Ferahta. Le ministre a rappelé, à l’occasion, qu’il y a 4 500 mds de DA qui n’intègrent pas le circuit bancaire national, dont 2 500 mds de DA thésaurisés chez des particuliers.
Dans ce cadre, il a affirmé que «l’amélioration et le développement de l’intermédiaire bancaire devrait nécessairement reposer sur la modernisation des systèmes d’information des banques ».
Le premier responsable du secteur a, en outre, déclaré que les banques étaient interpellées à améliorer leurs capacités à accompagner la création et le développement des entreprises notamment la PME productive. Elles sont aussi appelées à participer, par des financements multiformes, à la croissance de l’économie nationale et à sa diversification, a-t-il poursuivi.
Ceci étant, il ne saurait y avoir de politiques bancaires efficaces et porteuses sans réforme de la gouvernance de ces établissements, a affirmé
M. Loukal, avant d’évoquer la décision prise dans ce sens récemment au profit des banques publiques. Cette réforme « doit constituer le signal fort de l’orientation des nécessaires réformes bancaires, à même de promouvoir la concurrence et davantage d’efficacité dans l’intermédiation bancaire ». Cette réforme, dont le début a été annoncé pour le 15 décembre courant, vise à « rehausser l’activité bancaire à travers une meilleure gouvernance des banques publiques, compte tenu de leur poids, dans la sphère bancaire et financière et des défis qui leur sont assignés, en matière de performance, d’efficience managériale et d’approches prospectives », a-t-il expliqué.
Ajoutant qu’elle permettra une mise à niveau des établissements bancaires publics, banques publiques, afin de leur permettre « d’agir en vecteur de développement économique du pays, en matière de bancarisation, d’inclusion financière et de financiarisation de l’économie pour une croissance inclusive ».
Pour rappel, la réforme bancaire impliquera des administrateurs indépendants qui participeront en tant que membres au sein des Conseils d’administration des banques publiques.
Cette démarche est versée au compte de la transparence, avait expliqué dernièrement M. Loukal, précisant qu’il s’agira pour les administrateurs, sélectionnés dans le cadre de cette mission, d’«asseoir une nouvelle gouvernance dans le cadre de la réforme des organes de gestion pour plus d’efficacité et plus de transparence» au sein des six banques publiques.

Installation du nouveau P-dg de la BEA
Le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a procédé, hier, à Alger à l’installation du nouveau P-DG de la Banque extérieure d’Algérie (BEA), M. Lazhar Latreche, en remplacement de M. Brahim Semid.
A cette occasion, M. Loukal a affirmé que ce changement ne peut être perçu que comme «un signe de la redynamisation de cette importante banque», appelée à jouer un rôle plus fondamentale dans la place financière nationale. Par ailleurs, il a tenu à remercier M. Semid pour avoir assuré le management de la BEA dans une conjoncture difficile induite par le resserrement des ressources financières et dans des conditions de finances de l’économie contraignantes.