A l’instar des populations urbaines qui peuvent bénéficier d’un crédit pour l’achat d’un logement, les populations rurales vont pouvoir postuler à un crédit logement ou crédit foncier auprès de la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr). Un nouveau produit que compte lancer incessamment la Badr à travers tout son réseau d’agences comme l’a annoncé son P-dg, Boualem Djebbar, depuis la wilaya de Mila, où il était en visite de travail mardi dernier. Il avait précisé, lors d’une séance de travail au siège de la wilaya avec des opérateurs économiques et des agriculteurs locaux, que l’objectif de ce crédit est de permettre aux personnes aux revenus réguliers de bénéficier d’un logement. Ajoutant qu’un travail est en cours avec le ministère de l’Habitat pour mettre au point une formule visant à réaliser des groupements de logements ruraux au profit des agriculteurs et des fonctionnaires résidant dans les localités rurales. Mettant à profit cette tribune, Boualem Djebbar a informé que sa banque poursuit ses efforts en vue de multiplier le nombre de ses agences, avec comme objectif «d’atteindre les 350 agences d’ici la fin de l’année». Il a par ailleurs indiqué que sa banque s’apprête à transformer les guichets uniques existant au niveau des antennes de la Coopérative des céréales et légumes secs (Ccls) en agences bancaires. «Ainsi nous allons nous rapprocher un peu plus de nos clients», a-t-il souligné. Toujours au registre «relation client», Boualem Djebbar a souligné que son établissement poursuit sa stratégie de modernisation «pour être au diapason des avancées technologiques et, de la sorte, attirer un maximum de clients». Il a exhorté les opérateurs économiques à intégrer «le système bancaire et y déposer leur argent pour relancer l’économie à travers le financement de nouveaux projets». A cet effet il a fait savoir que la Badr a entamé l’opération d’ouverture d’agences numériques afin de permettre aux clients de bénéficier des différents services bancaires et consulter leurs comptes sans avoir à se déplacer à l’agence.
A la suite de son intervention le premier responsable de la Badr s’est prêté aux questions de certains exploitants agricoles. En réponse à une préoccupation relative au foncier «en l’absence d’acte de propriété ou de concession», Boualem Djebbar a précisé qu’il était possible de bénéficier de la formule du «crédit R’fig fédératif», applicable à la filière de la tomate industrielle, où le crédit est octroyé à l’usine qui détient des conventions avec les producteurs.
S’agissant de la filière de l’ail, le même responsable a indiqué que le crédit est octroyé aux propriétaires de chambres froides à condition qu’ils s’approvisionnent auprès des producteurs d’ail pour le stocker avant de le vendre. M. Djebbar a fait savoir, en outre, qu’environ 15 000 dossiers de crédits R’fig, relatifs à la filière céréalière, sont traités annuellement par la Badr et ce dans un délai «très court» pour permettre aux agriculteurs de mieux exercer leurs activités, ajoutant que la wilaya de Mila a été classée «troisième» cette année du point de vue du nombre, avec 1 500 dossiers. Le responsable de la Badr a assuré que le traitement des dossiers déposés se fait de manière «objective», notamment pour les producteurs ayant rencontré des difficultés pour rembourser leurs dettes, en leur accordant des délais supplémentaires quand les raisons avancées sont probantes.