Par Feriel Nourine
Les banques publiques algériennes éligibles à l’action extérieure sont désormais autorisées à ouvrir des filiales à l’étranger, en particulier en Afrique considérée comme leur horizon stratégique et un terrain pour accompagner l’investissement des entreprises nationales.
Le projet d’ouverture d’agences bancaires à l’étranger, notamment dans les pays africains, semble en bonne voie de concrétisation. Alors que les textes de loi régissant cette opération sont annoncés pour le second semestre de l’année en cours, la stratégie tracée dans cet objectif vient d’être approuvée en réunion du Conseil des ministres, tenue dimanche.
Inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action du Gouvernement, «notamment dans les volets relatifs à l’accompagnement des opérateurs économiques, à l’orientation des flux des échanges commerciaux ainsi qu’à la bancarisation de l’épargne des Algériens résidant à l’étranger», l’ouverture de bureaux de représentation des banques algériennes à l’étranger viendra répondre aux doléances des opérateurs économiques, afin de faciliter leurs transactions, avait indiqué le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, en début mai dernier. Il avait aussi souligné que la concrétisation de ce projet a été retardée en raison de la pandémie du coronavirus qui a impacté les différentes transactions et activités économiques à l’échelle mondiale.
L’ouverture de ce type d’agences constitue «une réelle opportunité pour le rayonnement économique de l’Algérie, particulièrement sur le continent africain», avait insisté le Premier ministre. En effet, c’est au continent africain que les banques algériennes sont appelées à accorder la priorité et à mettre en place des structures qui accompagneront les opérateurs nationaux dans leur conquête de ce continent, devenu destination privilégiée dans le cadre de la stratégie de développement du commerce extérieur du pays.
A ce titre, trois banques publiques, à savoir la Banque nationale d’Algérie (BNA), le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et la Banque extérieure d’Algérie (BEA), prévoient l’implantation de filiales au niveau de plusieurs pays africains. En outre, la BEA a également engagé des démarches pour l’ouverture d’un bureau de sa filiale «BEA Internationale», en France, afin de répondre aux préoccupations soulevées par notre communauté nationale établie dans ce pays. Le secteur privé est, lui aussi, invité à contribuer à l’opération et à s’associer à l’ouverture d’agences bancaires à l’étranger. En août 2020, le même Aïmene Benabderrahmane, alors ministre des Finances, avait annoncé la création de «succursales bancaires algériennes à l’étranger en associant des opérateurs du secteur privé». «Nous attendons du capital national de faire montre de courage en investissant ce domaine (…) Des avantages sont possibles pour ceux qui souhaitent activer dans le secteur bancaire pour contribuer au développement de l’image stéréotypée accolée aux banques privées au début du millénaire», avait-il déclaré.
Les autorités algériennes ne sont pas les seules à vouloir créer ce type de structures bancaires. Des partenaires africains ont, eux aussi, émis le vœu de développer le partenariat bancaire. Sur ce registre, le Conseil d’affaires algéro-mauritanien a déjà proposé, dès 2019, la création de banques à capitaux mixtes ou de filiales d’établissements bancaires des deux pays pour faciliter les transactions commerciales et les investissements.
«Nous proposons la création de banques algéro-mauritaniennes ou l’ouverture d’agences des banques des deux pays afin de faciliter le payement lors des transactions commerciales de part et d’autre et ce, sans transiter par les banques européennes», avait déclaré le président de ce conseil en marge du Forum d’affaires algéro-mauritanien organisé par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci).<