Le brûlage à la torche des gaz dans le monde a augmenté de 3% par rapport au niveau de 2018, pour atteindre 150 milliards de mètres cubes en 2019, selon les données de la Banque mondiale (BM). «Selon de nouvelles estimations reposant sur des données recueillies par satellite, le brûlage à la torche des gaz dans le monde a augmenté à un rythme inédit depuis plus de dix ans, pour atteindre 150 milliards de mètres cubes en 2019, l’équivalent de la consommation annuelle totale de gaz en Afrique subsaharienne», précise la BM dans un communiqué publié sur son site web. Cette hausse de 3 % par rapport au niveau de 2018, qui s’établissait à 145 milliards de mètres cubes, est à imputer essentiellement à trois pays à savoir les Etats-Unis (+23 %), le Venezuela (+16 %) et la Russie (+9 %), selon la BM . La pratique du brûlage à la torche des gaz sur les sites de production pétrolière est le résultat de contraintes techniques, réglementaires et/ou économiques, explique la BM. «Elle est responsable de plus de 400 millions de tonnes d’émissions en équivalent CO2 chaque année et gaspille de précieuses ressources avec, à la clé, des effets néfastes pour l’environnement à cause du méthane brûlé en partie uniquement et du noir de carbone», ajoute l’Institution financière mondiale. Selon les données de la banque mondiale, les quatre premiers pays à perpétuer ces pratiques (Russie, Iraq, Etats-Unis et Iran) ont continué de représenter pratiquement la moitié (45%) du brûlage des gaz dans le monde au cours des trois dernières années (2017 à 2019). «Compte non tenu de ces pays, les données montrent que le torchage a reculé de 9 milliards de mètres cubes, soit 10 %, entre 2012 et 2019. Au premier trimestre 2020, le repli est de 10 % et concerne la plupart des 30 pays recourant le plus à cette technique», note le communiqué de la BM. Cité dans le communiqué, le responsable du Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés (GGFR) a précisé que «la BM et GGFR se mobilisent auprès des gouvernements et des industriels pour trouver une issue à cet épineux problème. Nous aidons la plupart des pays les plus impliqués à concevoir des politiques, des réglementations et des pratiques visant à mettre fin à ce procédé. Parallèlement et grâce à l’initiative Zero Routine Flaring by 2030. Nous faisons toujours plus d’émules au sein des gouvernements et des entreprises pour mettre fin au torchage de routine». Actuellement, plus de 80 acteurs publics et privés, qui représentent ensemble plus de la moitié des activités de brûlage de gaz dans le monde, se sont engagés à bannir une pratique vieille de 160 ans, selon ce responsable.<