Dans sa quête de libérer plus de liquidités, la Banque d’Algérie récidive et abaisse à nouveau le taux de réserve obligatoire. En effet, le Comité des Opérations de Politique Monétaire (COPM) de la Banque d’Algérie qui s’est réuni, lundi, en session ordinaire, a examiné, à nouveau, la récurrente question relative à la situation monétaire et les perspectives d’évolution à court et moyen terme des ressources des banques, de l’inflation et des crédits à l’économie, à l’heure où les tensions sur les liquidités deviennent de plus en plus vives, alors que les besoins de financement de l’économie n’ont jamais été aussi importants.

C’est une équation pour le moins complexe à laquelle la banque centrale devra trouver désormais une réponse ; celle de concilier la baisse des liquidités avec les besoins croissants en financements dont ont besoin les agents économiques. Pour tenter une réponse à cette dialectique, le Comité des Opérations de Politique Monétaire de la banque centrale a décidé de réduire, à nouveau, le taux de réserve obligatoire ; celui-ci passe désormais de 6 % à 3%, ainsi que l’activation des opérations principales de refinancement à un (1) mois. «Ces décisions permettront de libérer, pour le système bancaire des montants additionnels de ressources, et mettre ainsi, à la disposition des banques et établissements financiers, des moyens supplémentaires en faveur du financement de l’économie nationale et du soutien de l’activité économique», lit-on dans un communiqué diffusé par la Banque d’Algérie. C’est la troisième fois, en un laps de temps de six mois seulement, que la banque centrale révise à la baisse son taux de réserve obligatoire, dans une tentative de libérer les liquidités bancaires qui connaissaient une importante baisse cette année. Le 15 mars dernier, alors que la pandémie de coronavirus ne s’était pas encore totalement installée dans le pays, le COPM avait pris la décision de réduire le taux de réserve obligatoire de 10% à 8% et d’abaisser de 25 points de base (0,25 %) le taux directeur de la Banque d’Algérie pour le fixer à 3,25%. Pour justifier ses décisions, la banque centrale avait indiqué que ces mesures sont «de nature à permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidités et mettre ainsi, à la disposition des banques et établissements financiers des moyens additionnels d’appuis au financement de l’économie nationale à un coût raisonnable». Deux mois plus tard, soit début mai, la Banque centrale abaisse, à nouveau, le taux des réserves obligatoires, le ramenant à de 8% à 6%. Jamais la Banque d’Algérie n’était intervenue autant de fois pour tenter de libérer la liquidité et éviter une hausse des taux d’intérêts appliqués par les banques de la place. Cela renseigne, qu’on le veuille ou pas, de la persistance des tensions sur les liquidités bancaires ; celles-ci, pour rappel, s’était contractée de plus de 180 milliards de dinars à fin mai 2020 par rapport à la fin 2019, pour passer sous le seuil de 1.000 milliards de dinars, avait indiqué la Banque d’Algérie dans sa dernière note de conjoncture pour le 1er trimestre de l’année. «La liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1.557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1.100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de la liquidité bancaire de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019», avait écrit la banque centrale dans sa note analysant l’évolution des agrégats monétaires et financiers au 1er trimestre 2020. Cette situation rappelle étrangement la séquence 2016-2017 durant laquelle la banque d’Algérie avait tenté l’ensemble des opérations monétaires, dont le réescompte, l’Open Market et la baisse du taux de réserve obligatoire, aux fins de faire remonter le niveau de liquidité. Séquence qui s’est soldée, au final, par l’adoption de la planche à billets comme moyen de paiement. L’on s’interroge dès lors si ces présentes interventions de la banque centrale allaient conduire au même résultat, soit au retour de la planche à billets. <