Les annonces du nouveau président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors de son discours d’investiture, seront indéniablement attendues par les Algériens. Au cœur d’une difficile crise, dont l’issue reste à chercher dans le dialogue et l’ouverture, la posture de Abdelmadjid Tebboune est irrémédiablement en adéquation avec le moment. Reste à traduire ces annonces en véritable programme d’action. Qui dépassera le stade de l’annonce. La question de l’amendement de la Constitution sera ainsi l’un des thèmes majeurs du début de changement escompté. C’est probablement sur cette base nouvelle que sera fondée la nouvelle Algérie. Et l’entame d’une nouvelle ère. Mais il ne faudrait guère se voiler la face, mais regarder la réalité dans les yeux. L’Algérie ne saura entamer une nouvelle ère sans un véritable changement dans les mentalités des gouvernants. Le pays ne saurait désormais être gouverné avec les mêmes méthodes éculées, dont les résultats sont aujourd’hui sous nos yeux. Aujourd’hui, la situation du pays est loin de susciter l’optimisme. Le blocage à des niveaux divers est devenu banal. Pour un pays de jeunes, dont la dynamique est la principale caractéristique, cette situation frise le surréel. Indubitablement, l’avenir est à construire. A commencer par des règles du jeu politique qui n’excluent personne. Et le retour vers des réflexes fondateurs du développement. Ceux-là même qui ont fait de pays, a priori anodins, des puissances économiques et technologiques. Mais pour réaliser ce grand bond en avant, il est devenu inévitable aujourd’hui de bannir les vieux réflexes. Une nouvelle ère requiert un renouvellement à tous les niveaux des mécanismes de fonctionnement des structures de l’Etat. Un pays comme l’Algérie, avec des potentialités énormes, n’a pas vocation à se retrouver mal classé dans les classifications de l’éducation, de l’économie et de la bonne gouvernance à travers le monde. Le changement doit être l’affaire de tous pour avoir une chance de se réaliser un jour.