Le comité des opérations de politique monétaire (COPM) de la Banque d’Algérie a décidé de réduire, à compter d’hier dimanche, le taux directeur de la Banque à 3,25% et le taux de réserve obligatoire à 8%, indique dimanche un communiqué de la Banque d’Algérie.

Lors de sa réunion ordinaire, tenue mardi dernier sous la présidence d’Aïmène Benabderrahmane, gouverneur de la Banque d’Algérie, le COPM a «décidé de réduire le taux de réserve obligatoire de 10% à 8 % et d’abaisser de 25 points de base (0,25 %) le taux directeur de la Banque d’Algérie pour le fixer à 3,25 %, et ce, à compter du 15 mars 2020», lit-on dans un communiqué diffusé, hier, par la Banque centrale. Il fallait s’y attendre. Cette décision intervient après que le niveau des liquidités bancaires soit reparti à la baisse en 2019, remettant à l’ordre du jour les opérations de nature à permettre de libérer les liquidités, dont certaines ont été mises en place dès 2016 par la Banque centrale. Celle-ci fait bien d’ailleurs de préciser que les décisions prises lors de cette réunion du COPM sont «de nature à permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidités et mettre ainsi à la disposition des banques et établissements financiers des moyens additionnels d’appuis au financement de l’économie nationale à un coût raisonnable». Il faut dire que le spectre de la crise a ravivé aussi chez les responsables de la Banque centrale l’esprit de vigilance et de prospective, étant donné que la réunion du COPM a été consacrée à la revue des principales évolutions de la situation économique, monétaire et financière nationale et internationale ainsi que de ses perspectives à court et moyen termes, notamment celle ayant trait à l’évolution de l’inflation, de la liquidité bancaire, du crédit et de la croissance économique. La décision d’abaisser le taux de réserve obligatoire et du taux directeur de la BA a été ainsi prise à la lumière de ces évolutions et de leurs perspectives à moyen terme, poursuit la Banque centrale.
La rechute des cours du brut fait peser d’énormes risques sur l’économie algérienne ainsi que sur les comptes publics, déjà très fragilisés par la dégringolade des cours amorcée à la mi-2014. Le précédent choc pétrolier de l’été 2014 avait obligé la Banque centrale, faut-il le rappeler, à prendre des mesures afin de protéger les banques et de libérer les liquidités qui avaient connu une baisse drastique. Dès 2016, la Banque d’Algérie avait, en effet, entamé les opérations d’Open Market et de réescompte pour tenter de rehausser le niveau des liquidités bancaires qui avait été durement impacté par la crise. Les opérations d’Open Market et de réescompte entamées dès 2016 étaient, semble-t-il, insuffisantes, d’où le recours à la planche à billets, en octobre 2017, pour pouvoir renflouer les caisses de nombreux établissements financiers et non financiers. Quatre ans plus tard, la Banque centrale remet au goût du jour les opérations monétaires en mesure de libérer la liquidité, alors que celle-ci amorçait depuis 2019 un nouveau mouvement baissier. Selon les statistiques du gouvernement, contenues dans son plan d’action, présenté et validé récemment par le Parlement, les liquidités bancaires à fin 2019 étaient estimées à 1 101 milliards de dinars seulement. La Banque centrale les a évaluées en revanche à plus de 1 557 milliards de dinars, une année plus tôt. Il semble ainsi que le niveau de liquidité ait baissé dès la suspension de la planche à billets ; celle-ci avait produit plus de 6 500 milliards de dinars, alors qu’initialement elle ne devait tirer que le tiers de ce qu’elle a produit jusqu’ici. Il n’est pas exclu que le gouvernement ressorte à très court terme la planche à billets pour faire face au tarissement des ressources en dinars. Une perspective très probable à en croire les économistes et les analystes financiers, eu égard à l’absence de pare-choc financier en interne. <