En raison de la remontée des cours du pétrole, le déficit commercial de l’Algérie a baissé de 53,73% en 2018 comparativement à 2017, ont annoncé les Douanes hier.

D’après les chiffres publiés par l’institution, le déficit commercial s’est chiffré à 5,03 milliards de dollars en 2018, contre un déficit de 10,87 milliards de dollars en 2017, soit une baisse de 5,84 milliards de dollars en valeur. En dépit de cette tendance à la baisse du déficit commercial, la balance reste dans le rouge pour la quatrième année consécutive. Elle a contribué par-dessus tout à fragiliser les comptes extérieurs, étant donné que le déficit commercial rentre dans le calcul de l’état de la balance des paiements qui, à son tour, par ses déficits, participe à l’érosion des réserves de change du pays. Au plan du commerce extérieur, la performance aurait pu être meilleure si les dispositifs d’encadrement des importations, combinés à une reprise des cours du brut, avaient été efficaces.
Cette reprise des prix du pétrole depuis janvier 2018 a fait grimper les exportations de l’Algérie à 41,168 milliards de dollars, contre 35,191 milliards de dollars en 2017, soit une hausse de 5,977 milliards de dollars (+16,98%). Les hydrocarbures pèsent pour plus de 93% dans la structure des ventes algériennes à l’étranger, se chiffrant à 38,338 milliards de dollars en 2018 contre 33,261 milliards de dollars en 2017. Une performance à mettre, encore une fois, sur le compte de la reprise des cours pétroliers mondiaux, le volume des ventes d’hydrocarbures n’ayant pas évolué d’un iota en 2018, eu égard, d’une part, aux engagements de l’Algérie avec l’Opep et, d’autre part, aux contreperformances du secteur des hydrocarbures en 2018, dont la croissance a été négative sur les trois premiers trimestres de l’année, si l’on se fie aux notes de conjoncture diffusées par l’Office national des statistiques. Pour ainsi dire, cette baisse du déficit commercial sur l’année 2018 s’est réalisée grâce à la remontée des cours du brut durant les trois premiers trimestres de cet exercice. Un facteur exogène dont la tendance tient plutôt à des éléments de géopolitique ainsi qu’aux fondamentaux du marché pétrolier. A l’issue des trois premiers trimestres de 2018, les prix du pétrole ont atteint les 90 dollars le baril de Brent à maintes reprises, avant que les cours ne chutent au troisième trimestre, amorçant un dangereux virage à la baisse dès le début d’octobre de la même année. Sur l’ensemble de 2018, la référence américaine, le WTI en l’occurrence, a perdu 24,8% de sa valeur. Le Brent sur lequel est indexé le Sahara Blend algérien en a perdu 19%. Les projections pour 2019 ne sont points rassurantes : les professionnels prévoient un Brent à 69,13 dollars le baril en moyenne en 2019, contre 71,76 dollars en 2018. Si ces prévisions venaient à se confirmer, le déficit de la balance commerciale devrait se creuser cette année. Celui de la balance de paiements aussi. La fonte des réserves de change s’accélérerait, à moins que l’Exécutif mène dès cette année à des réformes ambitieuses et structurelles susceptibles de limiter la casse sur le moyen terme.