Pour ses premières cotations hebdomadaires de l’année 2019, le marché pétrolier risque de suivre les mêmes tendances que celles de ces dernières semaines ; ce mouvement baissier amorcé depuis début octobre 2018 s’est soldé par une chute de 35% de la valeur du Brent et de 40% pour la référence américaine WTI.

Hier vers 16h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 53,20 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 60 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «Light sweet crude» (WTI) pour le contrat de février cédait 78 cents à 44,63 dollars. Le Brent culminait à peine au-dessus du prix de référence sur lequel est bâti la loi de finances 2019, alors que le prix d’équilibre budgétaire du pays pour 2019 est tributaire d’un baril supérieur à 98 dollars. L’équilibre extérieur est conditionné, néanmoins, par un baril à 78,9 dollars en 2019. Pour ainsi dire, le niveau actuel des cours du brut est loin de garantir l’équilibre du trésor et celui des comptes extérieurs, dont le déficit de la balance des paiements joue un effet extrêmement corrosif sur les réserves de change. De l’avis des analystes les plus avertis, le marché n’est pas prêt de se remettre de sa chute de si tôt, affecté essentiellement par une offre abondante et des inquiétudes sur l’état de santé de l’économie mondiale. Les signes d’essoufflement de la croissance mondiale sont plus que jamais évidents. En chine, un des principaux moteurs de la croissance mondiale, l’activité des manufactures s’est dégradée fin 2018, malgré une légère amélioration de la production, notamment du fait d’une baisse des nouvelles commandes. Sur l’ensemble du continent asiatique, la production industrielle reculait nettement au dernier mois de 2018, ce qui n’augure rien de bon sur la demande mondiale de pétrole, celle provenant des pays émergents essentiellement. L’autre risque est que cette faiblesse de la demande ne puisse pas compenser les efforts de l’Opep et de ses partenaires pour ramener l’offre au même niveau que la demande. Quoi qu’il en soit, après une année 2018 pour le moins chaotique, où les cours ont dégringolé de 19,5% pour le Brent et de 24,8% pour la référence américaine, les analystes n’entrevoient aucune éclaircie jusqu’ici étant donné que les excédents de l’offre pèsent, alors que la demande peine à redémarrer. Ce qui fait dire aux analystes qu’à moins d’une limitation plus poussée de l’offre, il serait naïf de compter sur un quelconque équilibrage du marché au moyen d’une réduction de 1,2 million de barils par jour de la production des 25 pays signataires du pacte de coopération. L’Algérie ne peut ainsi plus compter sur la rentabilité de son pétrole pour son autonomie financière. Les équilibres étant rompus, le gouvernement n’a de choix que d’accélérer dans les réformes budgétaires et économiques remises au frigo depuis début 2017. Dans sa dernière analyse de l’économie algérienne, le Fonds monétaire international a prévu un retour à l’assainissement des finances publiques dès 2019 ; probablement au moyen d’une loi de finances complémentaire qui officialisera le retour aux réformes. L’équilibre des comptes extérieurs ne pourrat néanmoins être garanti sans la maîtrise de la facture d’importation et des engagements extérieurs du pays, voire par une hausse de la valeur des exportations hors hydrocarbures. L’absence de ces réformes n’a fait que complexifier l’équation budgétaire du pays et fragiliser par la même les positions financières internes et externes. D’où le besoin actuel des réformes qui n’a jamais semblé aussi pressant.