Par Khaled Remouche
La hausse des salaires induite par la baisse de l’IRG se situera entre 2 000 et 3 000 dinars mensuellement à partir de janvier prochain pour les salaires compris entre 40 000 et 60 000 dinars, si cette disposition prévue par le projet de loi de finances est adoptée par l’APN.
La baisse de l’IRG prévue par l’article 31 de la loi de finances 2022 aura un impact positif sur les bas et hauts salaires. C’est ce que nous explique un cadre supérieur spécialisé en comptabilité. Dans le barème de 2008, qui est appliqué actuellement, indique la Direction générale des Impôts, les salaires de 20 000 à
30 000 dinars sont exonérés d’impôt, ceux de 30 001 à 35 000 dinars, l’impôt se situe entre 900 dinars et 4 000 dinars, de 36 000 à 40 000 dinars de 4 300 dinars à 5 500 dinars, de
45 000 à 50 000 dinars entre 7 000 et 8 500 dinars, de 55 000 dinars à 60 000 dinars,
10 000 dinars et 11500 dinars, de 65 000 à
70 000 dinars, entre 13 000 et 14 500 dinars, de 75 000 dinars à 80 000 dinars, de 16 000 dinars à 17 500 dinars. Nous voyons que les salaires moyens sont fortement taxés actuellement.
Il en est de même pour les salaires plus élevés. Ceux entre 85 000 et 100 000 dinars se voient amputés de 19 000 à 23 500 dinars, de 110 000 à 120 000 dinars de 26 500 dinars à 29 500 dinars. Du coup, suivant les explications d’un cadre comptable, le gain pour un salaire de 40 000 dinars est de 2 000 dinars, pour un salaire de 50.000 dinars, 2 700 DA, pour 60 000 dinars, environ 3 000 DA, pour 120 000 DA, la hausse serait d’environ 5 000 dinars. Ce niveau d’augmentation des salaires frappera donc des millions de salariés puisque la grande majorité des travailleurs perçoivent des salaires entre 20 000 et 60 000 dinars par mois.
Les fonctionnaires bénéficieront en sus d’une augmentation du point indiciaire qui serait porté, selon un représentant syndical, de 45 à 65 dinars. La hausse des salaires induite par ce relèvement du point indiciaire serait, selon une simulation citée par la presse, entre
4 000 et 9 500 dinars. Ces deux mesures décidées par le chef de l’Etat constituent une bouffée d’oxygène pour les travailleurs même si ces hausses sont relativement modestes eu égard à la forte dégradation du pouvoir d’achat. Elles seront bénéfiques en particulier pour les enseignants et le personnel de santé qui revendiquent depuis des mois une augmentation des salaires. C’est donc au nom de la paix sociale que ces mesures ont été décidées.
Mais ces augmentations de salaire ne règlent pas le fond du problème des salaires. Puisqu’elles sont servies sans tenir compte du facteur productivité, du résultat, sans une réforme de l’administration. Si l’administration est là pour bloquer les investisseurs et les citoyens, à quoi rime l’augmentation des salaires de ces fonctionnaires zélés, laisse entendre Mahrez Aït Belkacem, consultant. Dans les pays développés, l’administration est tenue par des objectifs d’amélioration de services, d’efficacité. L’Algérie devait passer à un modèle de rémunération des fonctionnaires dont le salaire est fixé selon l’atteinte d’objectifs. L’Algérie ne peut continuer éternellement à rétribuer tout le monde de la même manière, celui qui travaille et celui qui ne travaille pas, sans incidence grave sur le fonctionnement de l’économie. «N’évoquons pas la question des sureffectifs de la Fonction publique, une question jamais abordée officiellement parce que très sensible. Mais ce sont justement ces sureffectifs qui contribuent à ce que des fonctionnaires compétents et dynamiques soient mal payés. Il faudra également, selon lui, faire attention aux salaires des hauts fonctionnaires car s’ils sont mal payés, certains seront tentés de compenser par des revenus tirés de la corruption.
Mahrez Aït Belkacem se demande enfin comment seront financées ces augmentations de salaires. Au prix d’un plus fort déficit budgétaire sans doute. Le gouvernement recourra-t-il à la planche à billets ? Les réponses à ces questions de salaires seront certainement fournies dans les prochaines semaines, voire les prochains mois. <