Le groupe Sonatrach ne semble pas être en marge de la situation difficile que traverse l’ensemble des majors de l’industrie pétrolière et gazière, due essentiellement à la baisse des cours du brut et à la crise sanitaire liée à la propagation du coronavirus. Cette semaine, la compagnie publique des hydrocarbures a rendu publics ses comptes financiers de l’année 2019.

Les indicateurs financiers du groupe sont repassés dans le rouge en 2019 ; le bénéfice net du groupe est passé de 414 à 338 milliards de dinars entre 2018 et 2019, marquant une baisse de 18%, alors que le chiffre d’affaires global réalisé par la compagnie durant le précédent exercice a baissé de 12%, s’établissant à 4 242 milliards de dinars en 2019. La chute des prix du pétrole sur le marché international a engendré «une réduction significative des principaux indicateurs financiers en les portant à des niveaux inférieurs en comparaison avec les exercices précédents». La situation de la trésorerie du groupe n’était pas non plus dans son meilleur état, puisque les disponibilités financières de Sonatrach ont connu une importante contraction en 2019 comparativement à 2018. En effet, le poste Disponibilités et assimilés, qui correspond aux avoirs du groupe en caisse ou en banque, a connu une importante variation à la baisse, estimée à 59%, passant ainsi de 1 722 milliards de dinars en 2018 à 707,468 milliards de dinars durant l’année précédente. Ainsi, les disponibilités financières du groupe et de ses filiales ont fondu comme neige au soleil, mettant la trésorerie de Sonatrach à rude épreuve. Il s’agit d’une contraction de 59% de ses avoirs en un laps d’une année seulement, correspondant à une valeur de 1 015 milliards de dinars. Le groupe public des hydrocarbures justifie cette contraction par «la baisse des recettes des hydrocarbures ainsi que par la reconversion en bons de Trésor du remboursement du différentiel sur importations des carburants obtenu en 2018».
De toute façon, les précédentes déclarations des responsables politiques et du groupe Sonatrach donnaient un avant-goût de l’état de la trésorerie. A la mi-juillet, le PDG de Sonatrach a souligné que «l’optimisation et la rationalisation des coûts, sans porter préjudice au fonctionnement de l’entreprise, afin d’améliorer, dans l’immédiat, sa compétitivité et sa résilience, constituent l’objectif principal de la Sonatrach actuellement». Peu après les déclaration du patron du groupe public des hydrocarbures, c’est le premier responsable du secteur, Abdelmadjid Attar, qui fait part d’une prochaine réorganisation du fonctionnement de Sonatrach, «pour la focaliser sur ses métiers de base», et dont il observe qu’elle a «fait de tout et de rien pour s’occuper de ce qui ne la regarde pas». A la même occasion, le ministre de l’Energie a appelé le management de Sonatrach à réduire les coûts de fonctionnement et d’exploitation de son gaz et de son pétrole pour être compétitive sur le marché. Pour lui, il y a nécessité pour cette entreprise à réduire, également, le nombre de ses postes à l’étranger ainsi que les affectations effectuées «à droite et à gauche» qu’il considère comme n’étant pas indispensables. Ces déclarations étaient interprétées déjà comme une quête d’une réponse aux difficultés de trésorerie auxquelles fait face le groupe Sonatrach. Les comptes financiers du groupe pour l’exercice 2019, publiés cette semaine, sont venus confirmer la nécessité d’un coup de rabot dans les dépenses du groupe pour faire face à la baisse de ses disponibilités financières.