Les épreuves du baccalauréat 2021 débutent, aujourd’hui, dimanche 20 juin en début de matinée, et prendront fin jeudi 24 juin. L’indicateur le plus manifeste en ce qui concerne cet examen de fin des études secondaires et de passage à l’université est le facteur démographique, alors que l’enjeu est plus que jamais celui de la qualité de l’enseignement et de la formation.

Par Selma Allane
En effet, cette année, ils sont 459 545 élèves scolarisés à se présenter au concours, soit près d’un demi-million. Avant les élèves de terminale, plus de 641 000 candidats se sont présentés du 15 au 17 juin au Brevet d’enseignement moyen (BEM) et pour l’examen de fin d’études primaires, la 5e, ils étaient encore plus nombreux avec plus de 853 000 candidats.
Autre indicateur important, le nombre de candidats à ces examens de fin d’année est plus élevé chez les filles, à l’exception de celui de fin de cycle du primaire. Pour le baccalauréat 2021, elles sont 278 712 scolarisées à tester leur performance contre 180 833 garçons. Chez les 272 178 candidats libres, les garçons sont plus nombreux, 140 099 garçons contre 132 079 filles, selon les chiffres de l’Office national des examens et concours (Onec).
Au BEM, elles étaient 332 456 filles contre 292 767 garçons, selon la même source qui précise que ces derniers étaient plus nombreux en candidats libres et donc hors institution scolaire, 11 100 garçons contre 4 864 filles. Ce qui laisse penser que la déperdition est moins importante chez elles avec davantage moins d’intérêt pour les candidatures indépendantes aux examens de fin de cycles.
En fin de cycle du primaire, la tendance s’inverse puisque, selon l’Onec, elles étaient 416 922 filles contre 436 469 garçons à se mesurer aux épreuves de la 5e, un renversement qu’il conviendrait sans doute de suivre à la fin du cycle du moyen et jusqu’à celui du secondaire pour avoir une estimation précise du taux de réussite dans les deux catégories depuis la première année jusqu’à leur sortie du système d’enseignement de l’Education nationale.
A l’addition des chiffres relatifs aux candidats scolarisés, on arrive à plus de 1,5 million d’élèves de l’Education nationale, cette année. Une population importante pour des enjeux colossaux, à commencer par celui de la qualité de l’enseignement et la préparation à la «vie active», comme disaient naguère les bons et intraitables instituteurs pour désigner un marché du travail aujourd’hui plus contraint qu’il y a une trentaine d’années. En particulier, pour les futurs diplômés, dont l’Algérie a plus que jamais besoin en termes de qualité et de compétence et dans un contexte général, où l’une des questions récurrentes se rapporte à la formation des enseignants de l’Education nationale, eux-mêmes, quand il ne s’agit pas des conditions socioprofessionnelles dans lesquelles ils se débattent avec un impact certain sur la qualité de l’instruction et de l’offre pédagogique aux enseignés.

Trouver la bonne formule pédagogique
Fin avril 2021, le ministre de l’Education nationale Mohamed Oudjaout a confirmé un aspect de cette question en affirmant que l’encadrement spécialisé en mathématiques en Algérie «ne répond pas» aux besoins du secteur, notant un taux «faible» de choix par les élèves des branches Mathématiques et Mathématiques techniques. Mais s’il a uniquement cité cette discipline, son constat est valable pour les autres également comme pour la nécessité de performer les programmes proposés et les adapter aux exigences avec, cette fois, la mention de «l’urgence» du besoin à corriger les faiblesses de plus en plus apparentes de l’appareil scolaire, comme on l’a constaté lors de certaines épreuves. Elles ont été émaillées d’anomalies et d’erreurs inquiétantes comme de constater que des sujets (anglais au BEM) sont tirés d’Internet ou que l’on confond entre un adjectif et un substantif pour ce qui concerne l’épreuve de français de la 5e. Mercredi, 9 juin, le ministre du secteur, Mohamed Ouadjaout, a installé le «Conseil scientifique de recherche en éducation» à l’Institut national de recherche en éducation (INRE) à El-Achour à
Alger, a indiqué un communiqué du ministère. Cette installation est intervenue après le 22 mai, jour d’intronisation officielle de la nouvelle composante des enseignants chercheurs à l’INRE.
Le Conseil, a signalé M. Oudjajout, est désigné à un moment où l’Education nationale «a un besoin urgent d’utiliser les résultats de la recherche pédagogique dans la formulation des nouvelles approches pédagogiques dans l’Ecole algérienne, afin d’atteindre l’efficacité et la qualité». Il a précisé que l’Institut national de recherche en éducation «travaillera en étroite coordination avec le Conseil national des programmes, après avoir revu la nature juridique de ce dernier, devenu un organisme financièrement et matériellement indépendant».
A travers ces deux instances et leur composition humaine hautement compétente, notamment les enseignants chercheurs, le ministère oeuvre à construire une nouvelle plateforme contribuant à donner une valeur ajoutée au secteur de l’Education et à atteindre les objectifs tracés pour améliorer la performance du système éducatif notamment l’augmentation du niveau de l’Ecole algérienne», a conclu le ministre de l’Education nationale.

bon à savoir
Nombre total des candidats au baccalauréat 2021 : plus de 731.000 candidats
Nombre de candidats scolarisés : 459.545
Nombre de candidats libres : 272.178
Centres d’examen : 2.127
Centres de correction : 87 centres dont l’ouverture est prévue du 1er au 19 juillet
Dispositif de sécurité : près de 15.000 policiers