Epreuve décisive pour l’avenir des jeunes bacheliers, ils sont plus de 709 448 candidats à passer aujourd’hui la première épreuve, celle de la langue arabe, de l’examen du baccalauréat. Un examen sous haute tension que les autorités ont voulu cette année ultra sécuriser pour éviter d’éventuelles fuites des sujets et que le scénario du bac 2016 ne se reproduise.

En effet, pour cette année 2018, et malgré la crise économique, l’Etat a mis les bouchées doubles pour éviter que cet examen soit, encore une fois, entaché par des problèmes qui deviennent récurrents, à l’instar de la tricherie et le retard des candidats. Sur ce point, Nouria Benghebrit, la ministre de l’Education nationale, qui a, rappelons-le, été taclée par le gouvernement avec l’organisation d’une seconde session du baccalauréat 2017 pour les retardataires, a annoncé que cette année une marge de retard de 30 minutes sera tolérée aux candidats.
Avec cette nouvelle mesure, la ministre a non seulement exclu le scénario 2017 mais apporte un coup de pouce aux candidats en leur assurant qu’ils ne seront pas renvoyés des centres d’examen pour deux minutes de retard comme cela a déjà été le cas l’année dernière.
En plus de la coupure d’Internet qui surviendra au début de chaque épreuve à défaut de pouvoir équiper l’ensemble des centres d’examen de brouilleurs, la ministre a annoncé que chaque classe sera supervisée par trois surveillants qu’elle a appelés à se montrer «vigilants» et déceler la « moindre tentative de fraude» en observant le «comportement des candidats ».
Rappelons que pour les besoins de cette épreuve, 260 000 encadreurs seront mobilisés au niveau des centres d’examen et de regroupement et codage et de correction, et ce, parmi 600 000 encadreurs mobilisés pour les trois examens nationaux, répartis entre personnel administratif, enseignants et professionnels à travers 18 500 centres. De son côté, la Direction générale de la sécurité nationale a mobilisé 18 000 agents pour veiller sur la sécurité des centres d’examen.

Message d’encouragement et appel au rejet  de la triche
Très active sur le réseau social et fidèle à son image de ministre moderne, Nouria Benghebrit a posté, hier, une vidéo sur sa page officielle dans laquelle elle a appelé les candidats au baccalauréat à faire preuve de sérénité et de confiance en soi et de rejeter tous les comportements de nature à porter atteinte au travail et aux efforts pour la réussite. Il est à noter qu’il y a quelques jours, la ministre avait fait comprendre qu’elle serait prête à partir si la session 2018 vire au fiasco. «Le baccalauréat est certes un travail collectif mais cela n’exclut pas la grande responsabilité du ministre », a-t-elle déclaré dans une interview accordée à une chaîne privée. De leur côté, les syndicats du secteur de l’éducation se sont dit sereins vis-à-vis du bon déroulement des épreuves du baccalauréat et mobilisés pour lutter contre la fraude.
« Nous avons appelé l’ensemble de nos adhérents à se montrer très vigilants et lutter activement contre toute tentative de triche pouvant nuire à la crédibilité de cet examen », a fait savoir Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). De son côté, Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, syndicat qui avait initié une grève de trois mois durant l’année scolaire, nous a affirmé que les enseignants avaient redoublé d’efforts pour pouvoir terminer le programme. «L’ensemble des mesures décidées pour rattraper le retard ont été suivies et je peux vous garantir que les élèves sont prêts pour cet examen », a-t-il fait savoir. Il a salué les mesures entreprises par la tutelle et le gouvernement pour minimiser le risque de fuites de sujets même si le risque zéro n’existe pas.
« Nul ne peut garantir qu’il n’y aura pas de fuite mais une chose est sûre, nous sommes tous responsables de la sécurité de cet examen », a-t-il dit. Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne III, Nouria Benghebrit a insisté sur l’urgence de la réforme de l’épreuve du baccalauréat et la nécessité de réduire sa durée en passant de 5 à 3 jours. Ce qui permettra une clarification des filières, notamment en redonnant leur place aux matières de spécialité.n