La correction des copies de l’examen du bac se poursuit sur fond de protestation. Un mouvement a été observé dans quelques centres de correction répartis sur le territoire national. Les enseignants correcteurs, notamment de sciences expérimentales des filières scientifiques exigent de faire appel à d’autres enseignants pour ne pas impacter la qualité de l’évaluation des élèves.

Le Satef appelle, pour sa part, à payer l’indemnité de la copie selon la spécialité et de mettre les enseignants dans les meilleures dispositions pour une correction optimale. Dans certains centres d’examens, les enseignants correcteurs ont observé une action de protestation et demandé de faire appel à d’autres enseignants pour combler le déficit d’enseignants correcteurs. A Annaba et à Alger, des enseignants de sciences ont déploré le manque flagrant de correcteurs. Pour le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), ces actions pourraient avoir un effet de contagion sur d’autres centres. Selon Boualem Amoura, secrétaire général du Satef, le manque d’enseignant aura un impact sur la «qualité de l’évaluation» de l’élève. «Des enseignants se retrouvent avec des copies en plus ou avec des copies d’une vingtaine de pages, ce qui influent sur leur rendement et porteraient atteinte au principe «d’égalité de chance» pour tous les candidats. Ce dernier dénonce «l’injustice» dans le barème des indemnités de correction et réclame de meilleures conditions de travail pour les correcteurs. Le secrétaire général du Satef propose de payer l’indemnité de la copie selon la spécialité. Pour exemple, des enseignants correcteurs de maths se retrouvent avec des copies d’une vingtaine de pages pour les filières scientifiques, alors qu’un enseignant de la même matière n’a qu’une double feuille par candidat des filières littéraires, si ce n’est moins. Les deux enseignants perçoivent la même indemnité, «ce qui est injuste», déplore M. Amoura.
Ce qui explique pourquoi dans des centres de corrections, les enseignants sont passés à la 3e et dernière phase de cette opération, alors que certains en sont dans la première phase, appelant ainsi à l’augmentation des indemnités de corrections. Il en est de même pour le personnel du secrétariat, qui accomplit un travail énorme, mais est payé en fonction du grade et non de la tâche accomplie. Les enseignants se plaignent, également, des conditions dans lesquelles ils travaillent, notamment, de la chaleur étouffante dans les salles de correction ainsi que des conditions d’hébergement.

Filière math au premier rang

Les enseignants chargés de la correction des copies d’examens des candidats ayant concouru aux épreuves du Bac 2022, en Algérie, ont déjà terminé la première phase de cette opération. Ils entament, aujourd’hui, la deuxième phase dans les 87 centres de correction. Les résultats seront dévoilés la troisième ou dernière semaine de juillet. Les enseignants ayant assuré la correction se montrent optimistes quant au taux de réussite de la filière de technique mathématique. Les élèves de cette filière ont obtenu de très bonnes notes, notamment, dans les matières essentielles. Dans l’ensemble, les résultats reflètent la nature des sujets présentés aux candidats, qui étaient abordables et surtout tirés des premier et second trimestres. Quant aux élèves de la filière Gestion économie, ils ont obtenu de faibles notes en maths. D’ailleurs, le jour de l’examen, les élèves se sont plaints de la difficulté du sujet. Ceux de littérature et philosophie ont obtenu de faibles notes en anglais et en français, mais aussi en philosophie, matière essentielle avec un coefficient 6. Les enseignants passent à une troisième correction lorsque l’écart de la note entre les deux corrections est supérieur ou égal à trois points. Boualem Amoura appelle à une refonte radicale du système éducatif dans les trois paliers pour améliorer le niveau de l’Ecole algérienne.