Bien que le ministère de l’Education nationale n’ait pas arrêté de date fixe pour la proclamation des résultats du baccalauréat session 2022, le Satef estime que l’attente des 743 509 candidats sera prolongée en raison des mouvements de protestation dans différents centres de correction. Le ministère n’a pour l’heure pas réagi officiellement à cette problématique.

Les enseignants correcteurs de la matière science naturelle continuent de protester. Après Alger et Annaba, les enseignants du centre de correction Rabah-Bitat de Blida ont annoncé la suspension et le boycott de l’opération de correction en raison du déficit d’enseignants et de leur fatigue. Une seule copie contient jusqu’à 20 pages. La charge de travail influe sur le rendement des enseignants et la qualité de l’évaluation. Les enseignants correcteurs ont demandé d’augmenter l’indemnité de correction et de résoudre le problème dans les meilleurs délais sans tergiversation dans l’intérêt de tous et des droits des élèves.
Un problème qui sévit depuis de longues années et que les enseignants ont soulevé, sans que la tutelle ne réponde à leurs craintes. Le problème que rencontrent, aujourd’hui, les enseignants correcteurs dans la matière science, filière science, est posé avec les enseignants de comptabilité de la filière gestion, ceux des maths de la filière mathématiques, et de philosophie de la filière lettre et philosophie.
Dans beaucoup de matières, la troisième correction a été clôturée, mais en science naturelle, la 2e a été entamée hier. Le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Zoubir Rouina reproche le manque de coordination entre les directions de l’éducation et l’Office national des examens et concours (Onec). Pour lui, il faut laisser le soin aux directeurs d’établissement de désigner les enseignants qu’il faut pour la correction. Des enseignants atteints de maladies chroniques s’absentent pour des raisons de santé. Le CLA demande également d’augmenter les indemnités, de prendre en considération les filières et mettre des formules pour mesurer les disparités dans la correction.
Avec la colère qui prévaut dans des centres de correction, la proclamation des résultats pourrait être retardée, estime le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Ce dernier dénonce «l’injustice» dans le barème des indemnités de correction et réclame de meilleures conditions de travail pour les correcteurs. Il propose de payer l’indemnité de la copie selon la spécialité. A ses yeux, le secteur de l’éducation sera secoué l’année prochaine par les mêmes problèmes si la tutelle ne réforme pas le baccalauréat, ne revoit pas les rythmes scolaires et les programmes pédagogiques.
Plus optimiste, l’Union nationale des parents d’élèves (Unpe) estime que la proclamation des résultats ne connaîtra aucun report. Initialement, «les résultats devraient être annoncés à la 3e ou dernière semaine de juillet. Le ministère a dû régler ce problème, estime Hamid Saadi. Selon lui, le ministère pourrait faire appel à d’autres enseignants pour aider et soulager leurs collègues».