L’examen du Bac, qui a duré 5 jours, prend fin aujourd’hui et avec lui les perturbations internet qui l’ont marqué.

Par Sihem Bounabi
Pour la cinquième année consécutive, les épreuves du Bac riment avec la persistance d’un blackout d’internet afin d’empêcher les candidats de tricher et la diffusion des sujets sur les réseaux sociaux. Une mesure qui a fortement perturbé plusieurs secteurs d’activité, d’autant plus que dans le contexte de la pandémie de la Covid-19, les entreprises, déjà fortement déstabilisées, doivent faire face à de nouvelles difficultés, notamment à cause des répercussions très importantes sur le télétravail qui s’est généralisé.
Ces coupures ont encore une fois suscité l’ire des internautes qui, en plus des milliers de messages et plaintes dénonçant cette situation, s’insurgent également contre le mépris affiché par Algérie Télécom, principal opérateur pour le service internet, qui n’a pas informé ses abonnés des horaires de cette coupure.
Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce), a dénoncé la résurgence des coupures internet durant les épreuves du baccalauréat en affirmant qu’il s’agit d’une atteinte aux droits des consommateurs. Il a également déclaré à nos confrères de TSA qu’«Algérie Télécom aurait dû préciser les horaires des coupures et s’excuser aussi, voire discuter de l’indemnisation des clients». Affirmant que «nous jugeons cette mesure inacceptable et nous considérons qu’elle dénote d’un manque de respect vis-à-vis du consommateur».
Alors que la polémique ne cessait d’enfler dès le premier jour des épreuves ou certaines régions étaient totalement coupées d’internet, alors que pour d’autres seulement les réseaux sociaux, il a fallu attendre le troisième jour des épreuves du Bac pour qu’Algérie Télécom diffuse un communiqué et, comble de l’ironie, sur les réseaux sociaux pourtant inaccessibles durant la journée. Elle évoque une «restriction de l’accès à certains réseaux pour une durée déterminée». Dans ce communiqué après trois jours d’un silence qui a suscité la colère des citoyens, Algérie Télécom tente de mettre fin à la grogne en expliquant qu’à l’instar des autres opérateurs, elle «veille à accompagner le déroulement de l’examen du baccalauréat afin de contribuer au succès de la session 2021 et lui assurer plus de crédibilité et d’intégrité». Ajoutant qu’elle «limite l’accès à certains réseaux par lesquels le contenu est partagé que pendant la première moitié du délai attribué à chaque test». Le communiqué Algérie Télécom ajoute que cette mesure de restriction «exclut toute coupure délibérée d’Internet».
Pour rappel, l’année passée des plaintes ont été déposées contre Algérie Télécom s’appuyant sur les textes de lois qui stipulent que cette coupure est une «infraction aux articles 4 et 7 de la loi fixant les règles générales relatives à la poste et aux communications électroniques».
Selon plusieurs spécialistes, plusieurs alternatives existent en utilisant les nouvelles technologies de l’information. Parmi les solutions alternatives proposées, il y a notamment le recours à la «blockchain», où les sujets peuvent être uploadés sur des serveurs 100% sécurisés. Il est également possible d’utiliser des brouilleurs de réseau au sein des centres d’examen tout en interdisant l’entrée de tout téléphone.
Au final, malgré les alternatives proposées depuis des années par les experts, le choix radical des coupures d’internet pendant les épreuves ont encore une fois été cette année à l’ordre du jour. L’amer constat, aujourd’hui, c’est que tout un pays est déconnecté à chaque épreuve du baccalauréat. Pourtant, l’année passée, le président de la République Abdelmadjid Tebboune s’était personnellement engagé, lors d’une rencontre avec les médias, que «les centres d’examen seront dès l’année prochaine dotés d’une technologie de pointe pour limiter les risques de triche et de fuite des sujets» et mettre ainsi «fin aux coupures et perturbations d’Internet dans l’intérêt du citoyen».