Après cinq jours d’épreuves, jeudi, la session de l’examen du baccalauréat 2020 pour les filières scientifiques et langues a pris fin, alors que la filière lettres et philosophie a terminé mercredi, dans un contexte exceptionnel marqué par la pandémie de coronavirus et des sujets d’examen limités aux cours dispensés durant les premier et deuxième trimestres.
La jeune Amel, candidate au bac en filière scientifique, nous a confié à la sortie de l’épreuve d’histoire-géographie que «sincèrement, les sujets étaient abordables pour ceux qui ont révisé. Nous avions le choix entre la Guerre froide et la Révolution algérienne. Mon choix s’est porté sur la Révolutions algérienne car c’est un sujet qui me passionne. Elle ajoute que sa grande appréhension était le sujet de physique, car les sujets des autres matières étaient tous abordables pour ceux qui ont bien révisé. A part le sujet de science qui était certes abordable, mais très long avec des questions piège, détectables pour ceux qui ont bien révisé.
A propos des conditions inédites de cette année, «on savait déjà qu’il fallait respecter les mesures barrières à cause du coronavirus. C’est normal qu’on applique les consignes, car c’est pour notre santé et la santé de nos familles». Soulignant qu’«en vérité j’avais plus peur qu’on nous donne des sujets hors du programme que du virus, heureusement les sujets portaient sur le programme que l’on a révisé».
Même son de cloche chez Bilal, candidat en filière lettres et philosophie, qui affichait son soulagement à la sortie de l’épreuve d’histoire-géographique. Il nous explique que «certes après l’arrêt des courts, ce n’est pas facile de préparer le bac tout seul. Mais avec deux de mes amis on a décidé de réviser ensemble et cela m’a beaucoup aidé. Globalement, la plupart des matières étaient abordables pour ceux qui ont révisé en profondeur. Par exemple, en langue arabe, le sujet paraissait simple, mais en vérité il fallait faire attention à certains détails pour donner la bonne réponse». Toutefois, il nous avoue que le sujet de mathématique était un sujet très dur surtout pour des littéraires. Même s’il est confiant quant à l’obtention de son bac, il espère que la note qu’il obtiendra en mathématique ne va pas trop influer sur sa moyenne générale car il espère décrocher son bac avec une bonne mention.

Protocole sanitaire globalement respecté
Du côté des syndicats des professionnels de l’Education, c’est le même constat d’une ambiance sereine cette année, malgré les conditions exceptionnelles dans lesquelles s’est déroulé ce Bac 2020, marqué par la pandémie de la Covid-19.
Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, nous déclare que «les sujets étaient du niveau d’un examen de bac et ne sont pas sortis du programme dispensé durant les deux trimestres», ajoutant que «lorsqu’on élabore un sujet on le fait avec des difficultés qui vont crescendo. Mais ceux qui ont bien révisé peuvent décrocher leur bac». Il rappelle que l’examen du bac est un examen et non pas un concours donc un élève moyen peut aisément le décrocher. Pour sa part, Messaoud Boudiba, du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), souligne à propos des sujets du bac de cette année que selon «les rapports qui nous sont parvenus des différentes wilayas, le Bac 2020 s’est globalement déroulé dans de bonnes conditions. Les sujets étaient abordables pour la majorité des candidats qui ont bien révisé leurs cours. Cette session se distingue aussi du fait qu’il n’y a pas eu d’erreur dans les sujets, ce qui a permis aux candidats de passer leur examen dans une atmosphère sereine».
Selon Abdelwaheb Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale des travailleurs de l’éducation (Unpef), «les sujets était abordables pour la majorité des candidats et se sont limités aux deux premiers trimestres».
Concernant le nombre d’absences des candidats, le porte-parole du Cnapest souligne que cette année, il y a eu très peu d’absents chez les élèves scolarisés et que la grande surprise par rapport aux candidats libres et aux années précédentes, il y a eu beaucoup moins d’absences. Notre interlocuteur souligne que cela peut s’expliquer par le fait que les candidats libres étaient plus motivés cette année car il y avait beaucoup plus de chance de décrocher leur bac en ayant eu plus de temps pour le préparer. A propos des candidats qui ont été exclus de l’examen du Bac 2020, notamment pour cause de retard dont le cas le plus médiatisé est celui des deux sœurs de Tamanrasset, Messaoud Boudiba, du Cnapest, affirme que «ce cas en particulier était justifié et ceux qui ont voulu amplifier cette histoire et créer la polémique n’ont pas réussi car les preuves sont là».

A ce propos, la porte-parole de l’Unpef précise que suite aux rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux sur le fait que ces deux sœurs de Tamanrasset ont étés exclues injustement pour quelques minutes de retard, le Directeur de l’éducation de la wilaya de Tamanrasset a été clair : «Ces deux élèves sont arrivées avec une heure de retard et n’habitaient pas très loin du centre d’examen, leur exclusion est justifiée.»
Par ailleurs, concernant le respect du protocole sanitaire dans le cadre de la prévention de la propagation de la pandémie de la Covid-19, le coordinateur national du Snapest estime qu’«il a été plus respecté surtout concernant la distanciation sociale dans la salle d’examen avec un nombre réduit d’élèves par classe par rapport aux années précédentes».
De son côté, Messaoud Boudiba du Cnapest souligne que «ce protocole a été globalement respecté malgré les difficultés de la présence d’un grand nombre de candidats au niveau des centres». Il précise que «la plus grande difficulté pour les enseignants a été d’empêcher le rassemblement des candidats qui formaient des groupes dans la cour, mais des efforts ont été déployés pour faire respecter la distanciation physique dans de bonnes conditions».
Pour le porte-parole de l’Unpef, le protocole sanitaire a été plus ou moins respecté. «Dans plusieurs wilayas, certains établissements ont ponctionné dans le budget de l’année scolaire, car ils n’ont pas eu l’aide financière du ministère de l’Education pour l’application du protocole sanitaire tant dans l’assainissement des classes que dans la disponibilité des gels hydroalcooliques».
En termes de réclamation pour cette session du 2020 Bac, le Snapest, le Cnapest et l’Unpef soulèvent toutefois la problématique des repas froids qui ont été distribués aux encadreurs durant cette session du bac 2020. L’Unpef souligne à ce sujet qu’il y a eu des réclamations des enseignants et des encadreurs concernant les repas «froids», alors que c’est strictement interdit. «Quand nous avons demandé des explications auprès des économes de ces administrations, on nous a affirmé que le ministère de l’Education a octroyée seulement 200 DA par personne, ce qui est insuffisant pour avoir un repas chaud.» Il ajoute que «nous avons découvert que les établissements qui assurent des repas chauds aux encadreurs rognaient en fait sur le budget annuel de l’établissement au détriment du budget des repas annuels des élèves». «Nous appelons les responsables du ministère de l’Education à revoir ce barème de 200 DA et de le doubler pour assurer des repas décents aux enseignants mobilisés durant les prochaines sessions de bac.»