«L’idée de la désobéissance civile lancée par le Hirak ne réussira pas, surtout qu’elle a été posée dès l’entame du mouvement du 22 février dernier», c’est ce qu’a soutenu, hier, le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND) Azzedine Mihoubi, lors de son passage au forum du journal El Hiwar.

S’exprimant à propos du dialogue, actuellement en cours en vue d’une sortie de crise, il a d’entrée estimé qu’il s’agit d’un impératif qui devrait conduire à la tenue de la présidentielle. A propos du panel de Karim Younès, Mihoubi a informé que son parti est actuellement en phase d’élaboration d’un document dans lequel il consignera sa position par rapport à ce groupe de personnalités nationales. «Le document que nous sommes en train d’élaborer contiendra nos positions ainsi que des données sur lesquelles nous insistons auprès du panel pour qu’il trouve des mécanismes pour la tenue d’une élection présidentielle crédible et transparente», a-t-il indiqué. Dans ce cadre, le successeur d’Ahmed Ouyahia fera observer que le passage à une seconde République «a ses exigences». «Il faut un haut degré de conscience de la responsabilité», selon lui. Toujours à propos du dialogue en vue d’une sortie de crise, Mihoubi ne manquera pas à ce sujet d’appeler à la nécessité «d’encadrer les débats actuels dans le but d’une meilleure efficience», précisant que l’institution militaire a «préservé le cadre constitutionnel avec force et conviction sans pour autant avoir des ambitions politiques». S’exprimant à propos du mouvement populaire, il a estimé que «le RND a une dette envers le peuple», et «c’est pour cela que nous ferons tout pour recouvrir une crédibilité auprès des citoyens». «Nous allons améliorer nos démarches, attitudes et comportements politiques pour avoir une place de choix et servir au mieux notre pays», a-t-il souligné. Sur un plan organique, le patron du RND a expliqué qu’il est question d’une révision de fond en comble du fonctionnement du parti. «Nous allons instituer une nouvelle culture politique au sein du parti pour nous permettre un meilleur rapprochement avec les couches populaires de notre pays», a-t-il indiqué tout en précisant que «nous comptons intensifier le travail de proximité et éviter les erreurs du passé». Il indiquera qu’au sein du parti, «ses fondateurs et ceux qui l’ont créé ne seront pas oubliés», insistant toutefois sur l’urgence de son ouverture sur la nouvelle génération : «Nous comptons ouvrir les postes du RND à la nouvelle génération de militants politiques pour qu’ils apportent une plus-value au parti.» M. Mihoubi a rappelé les moments difficiles vécus par le parti. «Depuis 2002, notre formation politique subit des pressions lors des différents rendez-vous électoraux», a-t-il lancé, «nous avons subi beaucoup d’injustices, c’est pour cela que nous avons décidé de remettre en cause les mécanismes de fonctionnement du parti».