Une carte des sites archéologiques, historiques et culturels est en cours de préparation qui permettra de mettre en valeur ce patrimoine a indiqué le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, hier mardi au cours de sa visite du chantier du Centre arabe d’archéologie (CAA) de la ville de Tipasa, un projet inscrit en 2007 et qui est pratiquement achevé.

En marge de sa visite du centre, qui a atteint un taux d’avancement de 95% , le ministre a annoncé que dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie de préservation et de promotion du patrimoine un accord est en cours de discussion avec les spécialistes du centre de recherche et ceux des Emirats arabes unis pour la réalisation d’une carte des sites qui sera accessible sur internet et participera à la mise en valeur de la richesse touristique et historique de nos villes. Concernant la participation financière des pays arabes au financement du Centre arabe d’archéologie prévue dans le contrat qui, jusqu’a maintenant, a été pris en charge par l’Algérie, le ministre a indiqué que le problème a, de nouveau, été posé lors du dernier Conseil des ministres arabes de la Culture qui s’est tenu à Tunis et qu’on attend la prise de décision. L’Algérie à tenu sa promesse en réalisant l’ensemble du projet (dont l’enveloppe n’a pas été dévoilée après avoir subi plusieurs réévaluations) reste aux autres pays arabes à honorer leurs obligations, selon le ministre. Mihoubi, en visitant le centre a insisté sur sa livraison rapide tout en appelant à veiller à l’entretien de cette belle infrastructure qui va apporter un plus en matière culturelle et touristique à la wilaya de Tipasa. Situé dans la commune de Tipasa à l’entrée est de la ville le long de la RN 11, le Centre arabe d’archéologie fait face au parc archéologique de la colline dite «sainte salsa». Le centre dont les travaux ont été lancés par l’ex-ministre Khalida Toumi en 2012, sur une assiette de 41.000 m2 (dont 25 000 m2 pour les structures de formation et le bloc administratif) est situé dans le prolongement de ce qui est appelé la zone tampon de la cité historique de Tipasa avec ces deux parcs archéologiques romains et son musée. Cette infrastructure culturelle qui vient renforcer la vocation de Ville historique de Tipasa, comprendra, en plus de l’Institut arabe d’archéologie et des études sahariennes (qui prodiguera une formation en post-graduation) doté de trois amphithéâtres d’une capacité de 300 places chacun un musée d’archéologie et d’arts rupestres, un laboratoire de préservation des biens culturels ainsi qu’une bibliothèque qui seront agrémentés d’un espace vert et d’un patio intérieur rappelant l’architecture arabo-mauresque.
La bibliothèque aura plusieurs fonctions outre l’acquisition et la conservation des fonds documentaires et bibliographiques mais également celles liées à la publication et à la restauration des documents. Elle sera, de par le nombre de places offertes dans ses différents départements, une véritable bibliothèque d’étude et de recherche pour de nombreux chercheurs, professeurs, érudits, étudiants et documentalistes. Quant au musée dont le rôle est de rendre accessible à tout le patrimoine commun de la nation arabe, il accueillera des collections d’œuvres d’art et d’objets archéologiques, ethnographiques, scientifiques et techniques en vue de leur conservation, études et exposition au grand public. Il représentera une vitrine des œuvres les plus représentatives de la société arabe et le génie de l’homme et de ses créations à travers les âges. Ce projet de Centre arabe d’archéologie, proposé par l’Algérie lors de la 17e conférence arabe sur le patrimoine archéologique et civilisationnel qui s’est tenue à Nouakchott du 22 au 27 décembre en 2003 s’inscrivait également dans le cadre de la manifestation «Alger capitale de la culture arabe» avec comme objectif de promouvoir l’archéologie arabe et de favoriser le dialogue interculturel entre les différents pays qui disposent d’un patrimoine riche dans le domaine. Cette nouvelle réalisation s’inscrit, par ailleurs, en droite ligne des recommandations de la mission de l’Unesco qui prévoit dans le plan de sauvegarde de la ville de Tipasa de créer un centre sur les métiers du patrimoine.
Le plan de sauvegarde de Tipasa qui privilégie ce genre d’infrastructure à installer dans la zone tampon du site archéologique, permettrait non seulement de la protéger de l’urbanisation mais aussi de créer une activité qui colle à la vocation culturelle, historique et touristique de cette ville « un des plus beaux vestiges de la période antique» selon les spécialistes.