Le ministre des Finances a indiqué au cours de la conférence nationale sur le plan de relance que le gouvernement exclut le recours au financement non conventionnel, c’est-à-dire la planche à billets pour financer le plan de relance.

Il a rappelé qu’il est mis à la disposition des investisseurs dans ce cadre 1000 milliards de dinars et 10 milliards de dollars puisés des réserves de change. « Les ressources financières sont disponibles sans avoir à faire recours à l’endettement extérieur », a-t-il ajouté insistant sur l’impératif pour les opérateurs de s’orienter vers l’investissement productif et créateur de postes d’emplois et de concurrence.
Concernant la diversification des sources de financement de l’économie et partant du plan de relance, il a indiqué que le ministère des Finances compte recourir à des formules de financement comme les emprunts obligataires et le partenariat public-privé pour le financement des infrastructures. Il a annoncé l’institution d’un numéro d’identification qui sera porté sur la carte biométrique de la personne et qui indiquera (donnée dans la puce) le niveau de revenu de la personne. Ce numéro d’identification prépare, en clair, la réduction des subventions et des aides en faveur des couches défavorisées.
Mardi, le ministre des Finances a affirmé également que le secteur financier avait amorcé la phase finale de la mise en œuvre des réformes visant à développer la gouvernance et changer la méthodologie de gestion des banques publiques et de la Bourse.
Répondant à une question sur les mesures susceptibles d’empêcher « la reproduction des scandales financiers et économiques avec les banques privées » à l’instar du scandale de Khalifa Bank, le ministre a fait savoir que les lois actuelles ont comblé toutes les lacunes ayant donné lieu à ces scandales, ajoutant que la Justice barrera la route à toute personne enfreignant la loi pour reproduire ces scénarios.
« La bureaucratie pose toujours problème »
Pour sa part, Allel Djaouad, vice-président de la Confédération algérienne du patronat (CAPC), a affirmé que « nous sommes contents du discours du Président de la République. Il a donné la feuille de route, les priorités, les axes majeurs. Il a parlé ouvertement et sans complexes des problèmes de gouvernance existants dans le pays. Il a parlé du problème du système financier qui n’est pas bon. Il a parlé de la réforme fiscale, de la bureaucratie. Il nous a demandé d’être francs. Nous sommes honorés de cette franchise. Nous allons être francs dans notre démarche. Il a parlé d’un plan de relance de 1900 milliards de dinars. Ce n’est pas rien, extensible à 12 milliards de dollars. C’est énorme. Il a parlé des secteurs prioritaires à investir : tout ce qui est sous la terre, sur la terre, le facteur humain, l’économie de la connaissance, la Pme-Pmi, la micro-entreprise, les start-up. Ce sont des axes majeurs. La feuille de route est claire : Pme-pmi, microentreprises, start-up, ce sont les acteurs économiques qu’il faut relancer. Il a parlé de l’exportation surtout vers l’Afrique, de la diplomatie économique. Il y a eu plusieurs actions menées concernant les mesures de sauvegarde, des décisions au niveau du conseil des ministres. Nous attendons les textes d’application sur le terrain. Car la bureaucratie pose toujours problème. Car quand on décide à haut niveau, on attend trente à trente-cinq jours pour la mise en oeuvre de la décision. Le Président l’a dit, il faut déboulonner tout ça. » n