L’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu son verdict sur le vaccin anglo-suédois AstraZeneca-Oxford, donnant ainsi le feu vert pour son utilisation dans les pays européens qui l’avaient suspendu. Cette annonce est un soulagement pour d’autres pays comme l’Algérie qui a vacciné 25.000 personnes avec cet antidote mais qui reste tout de même prudente en matière de suivi des vaccinés.

PAR INES DALI
C’est le rôle du Centre national de pharmacovigilance qui récolte toutes les déclarations sur les éventuels effets indésirables post-vaccinaux. «Le système de pharmacovigilance, qui est fonctionnel, n’a jusqu’à présent pas montré qu’il existait quelques effets secondaires sérieux ou sévères» après l’utilisation du vaccin AstraZeneca, a fait savoir le Pr Mohamed Benhocine, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Rappelant que toutes les doses de cet anticoronavirus reçues par l’Algérie ont été utilisées, il estime que ce vaccin doit continuer à être administré quand d’autres quantités seront réceptionnées. «De mon point de vue, et jusqu’à preuve du contraire, le vaccin AstraZeneca reste un vaccin fiable», a-t-il affirmé dans une déclaration à la Radio nationale, ajoutant qu’«il faut continuer à l’utiliser», se référant également à la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
«L’OMS continue de dire que le vaccin d’AstraZeneca est un vaccin qui peut continuer à être utilisé et je rappelle également que c’est un vaccin qui utilise exactement la même plateforme technologique que le vaccin Spoutnik V que nous avons administré chez nous», a souligné le Pr Belhocine.
Après les assurances de cette dernière sur cet anti-Covid-19 sont venues celles de l’EMA. «Le comité est parvenu à une conclusion scientifique claire : il s’agit d’un vaccin sûr et efficace», a indiqué l’Agence européenne des médicaments dans un communiqué à l’issue de sa réunion tenue jeudi dernier. Elle a ajouté que le vaccin AstraZeneca-Oxford «n’est pas associé à une augmentation du risque global d’événements thromboemboliques ou de caillots sanguins», recommandant ainsi son utilisation.
Les premiers résultats publiés sur le site de l’EMA indiquent que «le nombre d’événements thromboemboliques chez les personnes vaccinées n’est pas supérieur à celui observé dans la population générale» et qu’«au 10 mars 2021, trente cas d’événements thromboemboliques avaient été rapportés parmi près de 5 millions de personnes vaccinées avec le vaccin Covid-19 AstraZeneca dans l’espace économique européen».
«Le rapport bénéfice/risque du vaccin reste positif, et aucun élément n’indique pour l’instant que la vaccination ait provoqué ces troubles», a conclu l’EMA dans son communiqué. Intervenant juste après la polémique née la semaine dernière en Europe sur les risques de thromboses, le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, avait émis le même avis.
«Ce qu’on doit savoir, c’est que la thrombose est une pathologie qui existe dans la population générale» et que «les personnes vaccinées font aussi partie de la population générale», avait-il dit pour expliquer que l’effet secondaire de formation de caillots de sang dont il avait été fait cas en Europe est une maladie qui existe déjà dans la population en dehors de la pandémie et de la vaccination. «L’étude est en train d’être menée pour voir. Le résultat tend vers cette conclusion qui dit que le même taux de thrombose existe dans la population générale», avait alors estimé le Pr Senhadji. Les conclusions de l’EMA lui ont donné raison.
Pour sa part, l’OMS s’est aussi prononcée mercredi dernier sur ces cas de thromboses et estimait qu’il convenait de poursuivre la vaccination avec AstraZeneca, rappelant qu’il n’était pas prouvé que ces cas soient liés à la vaccination. L’OMS soulignait également, dans un communiqué, que «les événements thromboemboliques étaient connus pour se produire fréquemment». «La thrombose veineuse est la troisième maladie cardiovasculaire la plus courante dans le monde», avait-elle indiqué. L’OMS a fait savoir, se basant sur son comité d’experts, qu’il n’était pas pertinent de suspendre la vaccination avec AstraZeneca.
Selon les professionnels de la santé, les seuls effets secondaires reconnus comme pouvant être provoqués par le vaccin AstraZeneca sont des symptômes pseudo-grippaux intenses, mais de courte durée et non graves pouvant se révéler plus importants chez les jeunes et les soignants, ce qui est compréhensible, car «les jeunes réagissent de façon plus marquée, comme ceux qui ont déjà été exposés au virus, ce qui est plus fréquent chez les soignants».
A noter que le nombre de cas d’infection au Covid-19 est en augmentation dans la plupart des régions du monde, après six semaines de baisse en janvier et février, a annoncé hier l’OMS, notant que «parallèlement les décès diminuent mais à un rythme plus lent». «Ce sont des tendances inquiétantes alors que nous continuons à voir l’impact des variants, de l’ouverture des sociétés et de la diffusion inéquitable des vaccins», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors de son briefing régulier depuis Genève. Plus de 121,4 millions de cas confirmés de Covid-19 et quelque 2,68 millions de décès ont été enregistrés jusqu’à vendredi dans le monde, selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU. <