Le ministère de l’Energie suspend les coupures d’électricité annoncés par le groupe Sonelgaz en raison du Covid-19.

En effet, le ministère de l’Energie suspend la décision de Sonelgaz de procéder à la coupure d’électricité aux abonnés qui accusent des impayés, notamment ceux qui ont plusieurs factures impayées. Cette décision, qui commençait à être appliquée, a suscité la réaction de la tutelle qui a jugé qu’elle était inopportune dans le contexte actuel, marqué par les effets de la crise sanitaire sur les revenus des ménages et le chiffre d’affaires des entreprises.
Qu’il s’agisse d’une partie de la clientèle résidentielle non négligeable, touchée par la crise sanitaire, ayant soit perdu leur emploi ou vu leurs revenus se rétrécir, qu’il s’agisse des entreprises qui connaissent des difficultés de trésorerie ou sont au bord de la faillite, la mesure constitue un soulagement. D’autant que la suspension des coupures d’électricité et d’eau font partie d’une série de mesures appliquées pendant la période Covid pour alléger les charges sur les citoyens et les entreprises, comme le report notamment du paiement des impôts et des charges parafiscales. A noter que la décision de Sonelgaz de couper l’électricité avait été prise après que les créances de Sonelgaz aient atteint la cote d’alerte de 160 milliards de dinars, l’équivalent d’un milliard d’euros, soit une bonne partie du chiffre annuel de l’entreprise.
Ces créances étaient de l’ordre de 180 milliards de dinars en 2020, contre 60 milliards de dinars en 2019. Elles ont été multipliées par trois. Le PDG de Sonelgaz, Chaher Bolulakhras, à l’issue de la visite du projet du nouveau système de conduite du système électrique, avant-hier, avait argué que la compagnie nationale d’électricité connaît une situation financière difficile en raison des effets de la crise sanitaire. Mais est-elle asphyxiée pour autant ? Le premier responsable de la compagnie a laissé entendre que la compagnie n’a pas de graves difficultés pour financer ses investissements à court terme, tels les opérations d’investissement prévues pour éviter toute rupture d’alimentation en électricité pendant les pics de la demande au cours de l’été 2021. Il ne faut pas oublier que le Trésor a remboursé une partie de sa dette à l’égard de l’entreprise liée au différentiel entre le prix de l’électricité et du gaz appliqué à la clientèle et le prix réel. Le PDG a indiqué en ce sens que Sonelgaz préfinance certaines opérations de raccordement à l’électricité et au gaz dans le cadre du programme de développement des zones d’ombre. Le problème va se poser de façon plus sérieuse dans le futur lorsqu’il s’agira de financer les grands projets, notamment la réalisation des futures centrales électriques dans le cadre de son programme pluriannuel d’investissements planifié pour faire face à la demande. Dans cette optique, Sonelgaz examine avec les pouvoirs publics d’autres options de financement de ce programme hors circuit bancaire : endettement extérieur, project financing, emprunt obligataire…
Il convient de rappeler en ce sens que le ministre de l’Energie avait observé que sans le parapluie de l’Etat, Sonelgaz serait en faillite. En effet, elle traîne comme un boulet une lourde dette : plusieurs centaines de milliards de dinars, effet de l’énorme effort d’investissement pour réaliser l’équilibre entre l’offre et la demande et des prix à la clientèle très loin du prix réel. En ce sens, le PDG de Sonelgaz a souligné que l’Algérie pratique des tarifs de consommation de l’électricité parmi les plus bas au monde, inférieurs en particulier par rapport à ceux appliqués par les pays voisins. Le PDG de Sonelgaz a suggéré que la problématique de l’offre-demande devrait se régler non pas seulement par les investissements importants de la compagnie mais aussi par la rationalisation de la consommation énergétique des ménages et des entreprises sans oublier l’introduction de plus en plus importantes des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. <