En aviron, Sid-Ali Boudina prend part à ses deuxièmes Jeux Olympiques à Tokyo après ceux de 2016 à Rio de Janeiro (Brésil). Cette fois, le skiffeur ne sera pas seul sur son embarcation car il sera engagé en deux de couple poids léger (PL) avec son compère Kamel Aït Daoud. Le tandem a rallié le Japon le 18 juillet dans le premier contingent d’athlètes algériens concernés par ce rendez-vous. Dans cette interview, Boudina nous met en immersion dans ce voyage et les coulisses des Olympiades. Il nous en dit un peu plus sur sa spécialité et les objectifs fixés pour cet évènement sportif d’envergure.

Entretien réalisé par Mohamed Touileb
Reporters : Avec ton binôme Aït Daoud, vous avez rallié Tokyo dans le premier contingent des athlètes algériens qualifiés aux Jeux Olympiques 2020, comment s’est passé le voyage ?
Sid-Ali Boudina : Pour ce qui est du voyage, c’était un peu compliqué parce qu’on a fait pas mal d’escales. Le voyage était très long. On est parti le 16 d’Alger et on est arrivé le 18 à Tokyo. On a fait une escale à Bangkok, qui nous a fait beaucoup de mal. Les autorités thaïlandaises nous ont isolés de 8H à 23H. Ils nous ont mis en quarantaine et on n’a ni mangé ni bu pendant tout ce temps-là. Donc c’était un peu fatiguant pour nous.

Une fois sur place, que penses-tu de l’ambiance autour des joutes sachant qu’elles vont se dérouler dans un contexte particulier sur le plan sanitaire avec des restrictions assez sévères ?
Franchement, pour ce qui est de l’ambiance, je m’attendais à pire. Je pensais qu’il y aurait des restrictions encore plus sévères que ça et qu’on ne pouvait pas se croiser entre athlètes. Finalement, le village olympique est totalement ouvert. Certes, on ne peut pas sortir dehors. Mais, à l’intérieur du village, à part le port du masque, rien ne change par rapport à Rio (Brésil). Au contraire, je trouve que c’est très convivial. Après, les Japonais sont très perfectionnistes donc ils font gaffe aux moindres détails.
Peut-on comprendre que c’est usant pour le mental et que l’aspect psychologique sera déterminant pour les performances ?
C’est usant pour ceux qui se retrouvent, malheureusement, en «cas contact». En ce moment, il y a 67 cas positifs à la Covid-19 au sein du village. Des Sud-Africains pour la majorité. Pour eux, la compétition est déjà finie. Pour les «cas contact», ils doivent rester en isolement pendant une semaine et s’ils ont une compétition durant cette période ils doivent déclarer forfait. Je pense que c’est le côté le plus usant et qui fait peur aux athlètes.

Tu as déjà pris part aux Jeux Olympiques en 2016. Ce sera ta deuxième participation après celle à Rio. Cette fois, ce sera différent parce qu’au Brésil t’as participé en individuel et là, ce sera en deux de couple. Ramer seul et à 2 ou à 4 n’est pas la même chose. Qu’est-ce qui change ?
On a essayé de tenter une nouvelle aventure en participant aux deux de couple poids léger avec mon collègue Aït Daoud Kamel. C’est un bateau difficile parce qu’il faut de la coordination et qu’on soit tous les deux en forme le jour J. Il faut aussi qu’on soit bien entraînés pour que le bateau puisse avancer à deux. En skiff, c’est totalement différent, parce qu’on nous juge sur la performance personnelle. Par contre, en double, il faut qu’on soit tous les deux au même niveau pour avoir une navigation homogène et fluide. A partir du moment où on n’est pas seul sur l’embarcation, c’est plus compliqué. Etre à 2, à 4 ou à 8, ce n’est pas la même chose.

Quel est votre objectif lors de ce rendez-vous ?
Pour notre objectif, on ne va pas se mentir. Le double poids léger est le seul équipage poids léger en aviron. La densité est très élevée et intense. Les meilleurs skiffeurs du monde sont dans cette catégorie (Double PL). Je pense que si on arrive en demi-finale de notre spécialité ça sera un énorme exploit pour nous deux. On veut être dans les 12 meilleurs bateaux et faire la finale B même si ça sera compliqué.