Quand les chiffres parlent, il faut bien les écouter. D’où l’importance de ceux que vient de donner le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread). L’enquête réalisée par ce centre vient à point nommé pour évaluer les conséquences du Covid-19 sur l’économie algérienne, et particulièrement les entreprises. Comme il fallait s’y attendre, et le mot est loin d’être exagéré, c’est désastreux. L’année dernière, les entreprises ont perdu en moyenne 50% de leurs chiffres d’affaires (CA) par rapport à 2019. Un chiffre qui donne une idée sur les désastres de la pandémie sur l’économie nationale, sans oublier le fait qu’auparavant les affaires étaient loin d’être au beau fixe. Si 2020, c’était l’année du Covid-19, celle d’avant était celle du soulèvement populaire du 22 février, avec son lot de « blocages » à tous les niveaux.
Maintenant, il est indéniable de mentionner que l’Algérie n’est pas le seul pays impacté par la crise sanitaire qui a touché quasiment toutes les régions du monde. Les pertes étaient attendues depuis le début. Avec toutes les décisions gouvernementales prises dans la perspective de lutter contre le Covid-19, surtout le confinement, il était impossible de « récolter » des résultats positifs pour l’économie nationale. Reste à savoir ce que l’avenir réserve à ces milliers, millions d’employés pour qui le travail a été soit perdu, soit sur le point d’être perdu. Le problème est très épineux et à prendre très au sérieux. C’est clair, qu’il y va de la stabilité du pays. Comment feront ces personnes qui sont déjà en situation précaire (au moins) depuis plus d’une année ? Et que fera le nouveau gouvernement en gestation devant cet état des lieux ? deux questions qui s’imposent d’elles-mêmes dans une conjoncture qui est loin d’être reluisante. Manquer d’eau, en attente des probables coupures d’électricité, et en même temps devoir s’assurer des rentrées d’argent régulières, le tout sur le dos du citoyen lambda ! Un « total » qui survient après une harassante année surtout pour les responsables de familles.
Peut-être que certains peuvent avoir de l’espoir avec le changement de gouvernement, mais tout indique qu’il sera bien minime. L’équipe de celui qui va devoir remplacer Abdelaziz Djerad (s’il ne sera pas reconduit évidemment) va démarrer avec d’énormes déficits. Des boulets qu’elle va devoir traîner longtemps. Défi perdu d’avance !