Par Bouzid Chalabi
La flambée épidémique due notamment au variant «Delta», considéré comme le plus dangereux et très contagieux, a-t-elle eu pour effet de convaincre les personnes sceptiques jusqu’ici à une vaccination contre le virus ?
On pourrait l’admettre compte tenu de l’afflux grandissant de personnes, dont la tranche d’âge varie entre 30 et 60 ans, vers les points de vaccination mis en place à travers tout le territoire national. C’est du moins ce qu’a pu observer hier Reporters, lors d’une virée dans diverses polycliniques du secteur public de la capitale.
Il faut croire qu’au sein de la population, il n’est plus question de tergiverser mais plutôt de se faire vacciner au plus vite. Mohamed, un quadragénaire fonctionnaire chez Algérie Télécom, rencontré à la polyclinique de Bachdjarah relevant du secteur sanitaire de Baraki, n’a pas hésité à nous avouer qu’«au tout début de la campagne de vaccination, au premier trimestre de l’année, je refusais l’idée de me faire vacciner, remettant toujours à plus tard». Mais dès l’instant où il a compris que le nouveau variant de la Covid-19 est très contagieux, et donc un risque de contamination élevé, «je me suis empressé de me pointer au niveau du point de vaccination le plus proche». Ajoutant dans ce sens : «J’ai appris entre-temps qu’il fallait être là aux premières lueurs du jour pour pouvoir espérer être vacciné dans la journée.» Ce qu’il fit, et de nous préciser : «Dès mon arrivée à six heures du matin, avec cette idée de ne trouver qu’une poignée de personnes, quel fut mon étonnement en voyant que mon ticket portait le numéro 48». Nous signalant dans la foulée que le dernier ticket remis portait le chiffre de 150. Tout le monde est pressé de se faire vacciner et prend place à l’intérieur de l’espace érigé pour la circonstance, attendant que l’on prononce le numéro de passage.
Reporters s’est rapproché d’un responsable pour en savoir un peu plus sur le déroulement de l’opération de vaccinations. A propos du nombre-plafond quotidien des vaccinations, notre interlocuteur dira qu’«il est fixé à 150, c’est le nombre de doses vaccinales dont nous disposons et que l’on nous remet au quotidien». Du côté de la polyclinique de Haï Badr (lotissement Michel) ils étaient tout au plus une cinquantaine de personnes à attendre leur tour pour se faire vacciner. Ici, nous avons rencontré des personnes dont la tranche d’âge varient entre 25 et 65 ans. Madame Bakhti, ancienne institutrice à la retraite, nous a révélé tout de go : «Je faisais partie de tous ces sceptiques à une vaccination, mais depuis quelques jours, je me suis rendue à l’évidence que la vaccination reste le seul moyen pour se protéger d’une contamination». Non sans avouer que jusqu’ici, elle s’était trop fiée aux commentaires ne reposant sur aucune thèse scientifique, comme «ce sont des vaccins élaborés à la va-vite» et donc le «doute avait pris le dessus», nous dira-t-elle.
Au niveau de l’hôpital Nafissa-Hamoud (ex-Parnet), deuxième grand hôpital public de la capitale, le passage à la vaccination était plutôt rapide compte tenu du faible nombre de personnes, des quadragénaires pour la plupart, venus se faire vacciner. Un état des lieux qui s’explique, selon une des infirmières chargées de ladite opération, par la multiplication du nombre de points de vaccination de proximité.
Notons tout de même qu’à travers notre virée, un grand nombre de personnes interpellées pour savoir si elles avaient une préférence pour telle ou telle marque de vaccins, disent plutôt n’avoir aucune préférence, «l’essentiel c’est de faire vacciner au plus vite». Un autre plus catégorique lâche : «Devant le risque élevé d’une contamination, le choix n’a plus sa raison d’être. On n’est pas en situation de choisir mais de se faire vacciner dans l’urgence, à partir du moment où il est démontré que c’est le moyen de lutte le plus efficace».
Cela dit, il importe de rappeler qu’à la mi-juin dernier, soit plus de cinq mois après le lancement de la campagne de vaccination, le taux d’inoculations atteignait les 10%, mais tout porte à croire qu’un tel pourcentage est appelé à croître de façon significative dans les prochains jours. Ce qui est de bon augure dès lors où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a de cesse de marteler que chaque pays doit atteindre un taux de vaccination de 80% des citoyens pour pouvoir briser la chaîne de propagation du virus. n