Le taux d’inflation moyen annuel en Algérie s’est inscrit en hausse en octobre, atteignant 2,2%, contre 2% en septembre en glissement annuel. La loi de finances complémentaire de l’actuel exercice anticipait une inflation de 3% en 2020, alors que le projet de budget pour 2021 prévoit le retour des poussées inflationnistes, à 4,5% en 2021, à 4% en 2022 et à 4,7% en 2023.

Selon une note diffusée, hier, par l’Office national des statistiques (ONS), les prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice du prix du mois d’octobre 2020 par rapport à celui du mois de septembre 2020, évoluent en tendance positive avec, au tableau, un taux de +1,7%. La hausse du taux d’inflation en octobre, en glissement annuel (octobre 2019-octobre 2020) est due essentiellement à une augmentation de 3,4% des prix des biens alimentaires, conséquence d’une augmentation des prix des produits agricoles frais (+6,4%). Quant aux produits alimentaires industriels, les prix ont connu une hausse modérée de 0,6% durant le mois d’octobre dernier et par rapport au mois de septembre 2020, selon l’ONS. Cette variation haussière est due au relèvement des prix d’un certain nombre de produits, essentiellement la semoule avec (+6%) et les pâtes alimentaires avec (11,1%). Ces hausses s’expliquent par la décision de l’Etat de lever le pied sur certaines subventions, notamment celles destinées aux produits céréaliers. Les prix des produits manufacturés ont enregistré un taux de +0,5%, alors que ceux des services se sont caractérisés par une stagnation. Par groupe de biens et de services, les prix du groupe divers ont connu une hausse de 1,3%, ceux du groupe «habillement chaussures» ont enregistré une hausse de 0,5%, le reste des biens et services s’est caractérisé, soit par des variations modérées, soit par des stagnations. La note statistique de l’ONS fait constater également que durant les dix premiers mois de l’année en cours, les prix à la consommation ont connu une hausse de 2,2%, malgré une légère baisse de 0,2% des biens alimentaires, induite, notamment par un recul de près de 1,2% des prix des produits agricoles frais. Cette variation haussière enregistrée durant les dix premiers mois de 2020 s’explique par des hausses de +0,8% des produits alimentaires industriels, de +5,2% des biens manufacturés et de +1,8% des services. Selon les économistes, il faut s’attendre à une poussée inflationniste dans les années à venir ; celle-ci tirerait sa source de plusieurs facteurs favorisant cette hausse, dont la dévaluation annoncée de la monnaie nationale sur la période 2021-2023. La tendance à la décrue, amorcée à la mi-2014 et reprise depuis le début de l’année en cours, devrait se poursuivre dans les trois prochaines années ; la valeur de la monnaie nationale continuera d’enchaîner d’importants mouvements baissiers dès 2021, à raison de 142,20 DA pour un dollar en moyenne l’an prochain, 149,31 dinars/dollar en 2022 et 156,78 dinars/dollar en 2023. Cette dévaluation est un facteur favorisant la hausse de l’inflation, tout comme les restrictions annoncées des importations sur la même période. Les importations devraient, en effet, baisser de 10,4% en volume et de 19,34% en valeur durant le prochain exercice, comparativement aux prévisions incluses dans la loi de finances complémentaire de l’actuel exercice. En valeur, les importations devraient s’établir ainsi à 28,21 milliards de dollars en 2021, contre une prévision 33,5 milliards de dollars dans la LFC 2020. La valeur des importations devrait baisser encore en 2022 pour s’établir à 27,39 milliards de dinars et 27,01 milliards de dollars en 2023. La restriction des importations est un facteur qui devrait favoriser l’inflation, alors que le gouvernement n’a cessé d’annoncer sa volonté de réduire les subventions à l’énergie et à d’autres produits alimentaires, ce qui est de nature à contribuer davantage aux tensions inflationnistes. De toute façon, les facteurs favorisant l’inflation sont là, à la banque centrale d’intervenir pour éviter que ces tensions s’emballent, ce qui est d’ailleurs de ces prérogatives. n