Le décès de Mourad Medelci, hier, a mis le Conseil constitutionnel au centre des débats politiques à la veille de l’élection présidentielle du 18 avril 2019. Les questions liées au suspense autour de la candidature ou pas de l’actuel chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à la participation de certains partis de l’opposition, à l’absence de programmes ou encore à la qualité des prétendants qui défilent au siège du ministère de l’Intérieur pour le retrait des formulaires de candidature, sont évacuées pour un moment. Tous les projecteurs sont braqués vers l’institution au rôle primordial et cardinal dans toute opération électorale. Il faut savoir qu’en application de l’article 182 (alinéas 2 et 3) de la Constitution révisée en 2016, le Conseil constitutionnel «…veille, en outre, à la régularité des opérations de référendum, d’élection du président de la République et d’élections législatives». C’est cette institution aussi qui étudie dans leur substance les recours qu’elle reçoit sur les résultats provisoires des élections, présidentielle et législatives, et proclame les résultats définitifs de toutes les opérations prévues à l’alinéa précédent, selon la loi portant code électoral. Mais, bien avant cela, le Conseil constitutionnel devra recevoir les déclarations de candidature des prétendants à la magistrature suprême du pays, à partir du 3 mars prochain. L’article 140 de la loi électorale dispose que «la déclaration de candidature est déposée, au plus tard, dans les quarante-cinq jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral».
Le président de la République a, pour rappel, convoqué le corps électoral le 18 janvier dernier. De plus, c’est au Conseil constitutionnel encore de statuer sur la validité des candidatures à la présidence de la République par décision, dans un délai de dix jours francs, à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature (article 141 de la loi électorale).
C’est dire le rôle qui incombe à l’institution que dirigeait le défunt Mourad Medelci, d’où la focalisation du débat, désormais, autour de l’avenir qui lui sera réservé. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, va-t-il désigner immédiatement un nouveau président du Conseil ? Il s’agit d’une priorité en tout cas, pour ne pas dire d’une urgence extrême, même s’il n’existe aucun texte de loi qui oblige le président du Conseil constitutionnel à recevoir personnellement les dossiers de candidatures. Bien que la loi soit claire pour ce qui est du remplacement de Medelci, «dans les 15 jours suivant la notification» de la vacance du poste au président de la République, il n’en demeure pas moins que ce décès, au-delà de l’émotion qu’il a suscité vu le parcours de l’homme, a bouleversé la scène politique qui vit déjà un contexte particulier. Quelle sera l’identité du futur président du Conseil constitutionnel ? Comment les partis, notamment ceux de l’opposition, vont-ils réagir à sa désignation par le chef de l’Etat ? Et fera-t-elle ou fera-t-il l’unanimité ? Autant de questions qui se posent désormais subitement, alors qu’il y a quelques heures, les interrogations étaient complètement ailleurs.
Le décès du président du Conseil constitutionnel, occupant toute l’actualité, n’empêche pas toutefois, la continuité de la dynamique politique enclenchée au lendemain de la convocation du corps électoral. Les sorties médiatiques et de terrain des candidats potentiels se poursuivent, alors que les instances des partis qui ne sont pas prononcées sont attendues ce week-end pour décider de la position à adopter en prévision de la présidentielle. n