Les prix du pétrole entamaient, hier, une nouvelle semaine sur fond de stabilité, évoluant quasiment aux mêmes niveaux affichés à la clôture de vendredi.
Ainsi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars s’échangeait à 65,00 dollars (+ 0,03%), en fin de matinée sur l’InreContinentalExchange, alors qu’à New York, le West Texas Intermediate (WTI), valait 59,08 dollars.
L’or noir se remettait hier d’une semaine agitée qui l’a vu monter au-dessus des 70 dollars après la montée de tension qui a marqué les hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran, avant qu’il ne baisse et accuse des pertes de 5,3% pour le Brent, alors que le WTI a connu sa plus forte chute depuis juillet dernier, après s’être distingué par cinq semaines consécutives de hausse.
La stabilité des prix du pétrole affichée hier se justifiait par l’atténuation des inquiétudes autour du conflit entre l’Iran et les États-Unis.
Sauf « nouvelles tensions » au Moyen-Orient, la semaine sera surtout animée par la signature de l’accord commercial de « phase 1 » entre les Etats-Unis et la Chine prévue à Washington mercredi prochain, selon plusieurs observateurs de marchés dont Michael Hewson, de CMC Markets. Mais la plupart des analystes gardent un œil attentif sur l’Iran, dont le week-end a été marqué par des manifestations.
A Téhéran, la police antiémeute s’est déployée en masse dimanche après un appel à manifester en soirée. La veille, les forces de l’ordre ont dispersé un rassemblement à la mémoire des victimes de l’avion de ligne ukrainien abattu par erreur le 8 janvier, qui a viré à la manifestation contre les autorités. Si la République islamique « choisit d’écraser les manifestations comme elle l’a fait il y a deux mois, cela pourrait rapidement mettre un terme à la phase de détente entre les Etats-Unis et l’Iran », a pointé Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank.
Samedi, le président américain Donald Trump avait mis en garde Téhéran contre « un autre massacre de manifestants pacifiques », en référence au mouvement de contestation violemment réprimé en Iran en novembre. Il a de nouveau tweeté dimanche à l’attention des « leaders d’Iran : « Ne tuez pas vos manifestants » car « le monde regarde. Plus important, les Etats-Unis regardent ».
« Ce risque (de rebond des tensions) ne doit pas être négligé », a insisté M. Fristch, qui voit « tout à fait logique une certaine ‘prime de risque’» dans les cours de l’or noir.