L’annonce d’une quatrième vague Covid-19 «inévitable» a incité la population à se départir de sa réticence à la vaccination. En effet, dans les centres de vaccination, la cadence des inoculations est montée, ces derniers jours, d’un cran.

Par Bouzid Chalabi
Alors que sous d’autres cieux, on ne peut être considéré comme vacciné contre la Covid-19 qu’une fois la troisième dose de rappel effectuée, chez nous, c’est le manque d’engouement pour la première dose de vaccination qui est manifestement observé depuis le passage de la troisième vague. Une tendance qui, peu à peu, a changé de tournure avec la certitude de l’arrivée chez nous d’une quatrième vague. En effet, dans les centres de vaccination, la cadence des inoculations est montée, ces derniers jours, d’un cran.
C’est du moins ce que nous avons pu observer lors de notre passage, jeudi et hier samedi, à la mi-journée dans les établissements de santé de proximité de Kouba, Hussein-Dey, Bachdjarah et El Harrach. Sur les lieux, hommes et femmes âgés entre 30 et 60 ans étaient nombreux à attendre leur tour pour se faire vacciner pour la première fois après la fin de traitement de ceux venus pour une seconde dose.
Selon les médecins responsables des établissements suscités, «le nombre de personnes inoculées pour la première fois est nettement supérieur depuis quelques jours par rapport à la période s’étalant de septembre à la première semaine de novembre courant». A El Harrach et Badjarah on nous a attesté que «durant la période précitée, on a chômé mais depuis la mi-novembre c’est «sans relâche». C’est à croire qu’au sein des sceptiques à se faire vacciner, ils sont nombreux à avoir changé d’avis. Un retournement motivé par la crainte de se retrouver contaminé, d’autant plus que cette 4e vague serait selon les spécialistes plus virulente que les précédentes.
Du côté de Kouba, à 11 heures, le service Covid-19 était déjà à sa quarantième vaccination de la première dose. Un nombre appelé à augmenter compte tenu de la salle d’attente ne désemplissait pas. C’est pratiquement le même état des lieux au sein du service d’Hussein-Dey. Ici, une septuagénaire que nous avons pu interpeller nous confiera : «Je suis ici depuis 8H30 et le service a réellement commencé à fonctionner à partir de 9H15. J’attends mon tour de me faire inoculer la première dose. Il faut combien de temps pour se faire vacciner ?» A cette question transmise au responsable du service Covid-19, ce dernier explique : «Ce n’est pas l’acte de vacciner qui prend du temps, mais le médecin doit disposer de renseignements sur chaque personne lors de sa première vaccination. Après quoi, il établira une carte de vaccination avec la date de la seconde dose à faire et non sans inscrire sur son carnet les coordonnées de la personne vaccinée. En somme, le temps de passage se situe entre 5 à 10 minutes. Mais lorsqu’il s’agit de la seconde dose cela ne dépasse pas les trois minutes.» Et d’enchaîner : «Il faut que nos concitoyens comprennent qu’il s’agit d’une campagne nationale de vaccination qui exige à ce que tout soit répertorié afin de disposer de statistiques fiables. C’est là un moyen efficace pour avoir une idée précise de la situation épidémiologique en cours.»
Ce faisant, il y a lieu d’admettre que si les centres de vaccination sont plus fréquentés, ces derniers jours, cela reste très insuffisant aux yeux de l’objectif escompté par les autorités sanitaires du pays qui tablaient pour au moins la vaccination de 70% de la population. Un taux minimum qui puisse nous mettre à l’abri de cette 4e vague.
Ce qui n’est malheureusement pas le cas. Et pour preuve. En dépit d’une grande disponibilité de doses de vaccin, la campagne nationale de vaccination n’a cessé depuis son lancement au mois de janvier 2021 de patiner pour ne pas dire faire du surplace. Un constat déplorable car, selon les dernières statistiques, nous en sommes encore au stade de près de 10 millions de personnes vaccinées, première et deuxième dose confondues. Ce qui a fait dire aux épidémiologistes : «On est loin d’assurer la tant convoitée immunité collective.» Reste à savoir si l’alerte lancée aura pour effet de convaincre une plus grande masse de personnes à se faire vacciner. Autrement dit, assister dans les heures qui viennent à un véritable rush sur les points de vaccinations à travers tout le pays. Nous le saurons incessamment. <