Le fléau du sida sévit encore en Algérie avec une moyenne de 1 700 nouveaux cas de contamination au VIH enregistrés chaque année.

Par Sihem Bounabi
La directrice de la Prévention des maladies transmissibles au ministère de la Santé, Dr Samia Hammadi, a déclaré à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida que «l’Algérie enregistre une moyenne annuelle de 1 700 nouvelles infections au virus, touchant généralement la tranche d’âge entre 24 et 49 ans, aussi bien la gente masculine que féminine».
Face à ce constat, le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi, a affirmé, à l’ouverture de cette rencontre, qui s’est tenue jeudi dernier, qu’«il y a une mobilisation entière du gouvernement et de l’ensemble des intervenants, notamment la société civile, pour assurer un accès total et gratuit à toutes les prestations de soins aux malades du VIH-Sida, dont le dépistage et le traitement».
Le ministre de la Santé a ainsi souligné la volonté politique de l’Algérie à accélérer la riposte contre cette pathologie d’ici à l’horizon 2030, tout en insistant sur «l’accès équitable et qualitatif aux soins».
Il a également souligné l’importance de «l’accompagnement des personnes infectées par le virus par un appui de la société civile», rappelant les engagements pris par l’Algérie afin d’améliorer sa riposte face au sida, lesquels sont mis en œuvre dans le cadre du Plan national stratégique IST/VIH/Sida 2020-2024.
Le premier responsable du secteur de la santé a également mis en exergue, lors de cette rencontre, le rôle crucial de la prévention et appelle à intensifier la vigilance face aux facteurs de risque d’infection. Abdelhak Saihi a souligné dans ce sillage que l’Algérie axe sa politique de prévention contre la contamination au VIH par l’accélération de la protection des populations les plus vulnérables, la lutte contre la transmission du virus de la mère à l’enfant ainsi que le renforcement des activités de prévention, de dépistage et de traitement.
De son côté, le Coordonnateur résident du Système des Nations unies en Algérie par intérim, Ahmed Ethmane Mohamed Salek, a tenu à exprimer «l’engagement d’Onusida Algérie pour appuyer les efforts significatifs du ministère de la Santé» tout en soutenant «le travail remarquable de la société civile». Il a également salué la «volonté réelle du gouvernement algérien de faire face à cette pandémie de manière concrète, efficace et soutenue».

L’OMS appelle à instaurer «l’égalité maintenant».
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé pour sa part ses partenaires et les communautés partout dans le monde à placer cette journée sous le slogan «Egalité maintenant» afin de combattre les inégalités qui entravent les progrès dans la réalisation de l’objectif mondial consistant à vaincre le sida d’ici à 2030.
Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS : «La Journée mondiale du sida est l’occasion de réaffirmer et de redéfinir notre engagement commun à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030.» Soulignant que «la solidarité mondiale et un leadership audacieux permettront à chacun de bénéficier des soins dont il a besoin».
L’OMS a ainsi souligné que l’infection à VIH reste un grand problème de santé publique qui touche des millions de personnes dans le monde. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 38 millions de personnes vivant avec le VIH, 5,9 millions de personnes, qui connaissent leur statut, ne bénéficient d’aucun traitement et 4 millions de personnes vivent avec le VIH sans qu’aucun diagnostic n’ait encore été posé. De plus, 70 % des nouvelles infections au VIH concernent des personnes marginalisées et souvent criminalisées.
En 2021, dans le monde, alors que 76 % des adultes bénéficient d’un traitement antirétroviral qui les aide à mener une vie normale et à être en bonne santé, ce chiffre baisse à seulement 52 % des enfants vivant avec le VIH y ayant accès.
Sur le continent africain, même si la transmission a globalement diminué, il n’y a pas eu de baisse significative chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes au cours des dix dernières années.
Face à ces chiffres, l’OMS recommande de mettre à nouveau l’accent sur l’application de ses orientations de 2022 afin de répondre aux besoins de santé des populations clés et des enfants en matière de VIH.
Dr Meg Doherty, Directrice du département Programme mondiaux de lutte contre le VIH, l’hépatite et les IST de l’OMS, souligne : «Pour vaincre le sida, nous devons dès que possible mettre fin aux nouvelles infections chez les enfants, remédier au manque d’accès au traitement et éliminer les obstacles structurels, la stigmatisation et la discrimination à l’égard des populations clés dans chaque pays.»

Alerte sur la double épidémie de variole simienne et sida
Par ailleurs, l’OMS tient également à alerter sur le chevauchement des épidémies de variole simienne et d’infection à VIH. Ainsi, selon les données dont dispose l’OMS, 53% des personnes chez qui la variole simienne a été confirmée vivent avec le VIH. Les données mondiales communiquées à l’OMS semblent indiquer que les personnes atteintes de variole simienne et porteuses d’une infection à VIH non traitée risquent de contracter une forme plus grave de la variole simienne que celles qui ne vivent pas avec le VIH. Les spécialistes estiment que pour lutter efficacement contre cette double contamination, il est important d’appliquer des mesures de lutte sous l’égide des communautés et lutter contre la stigmatisation afin d’atteindre l’objectif «d’améliorer la santé et le bien-être et de sauver des vies».