L’avant-projet de loi de finances 2021 devrait être soumis à l’examen du Conseil des ministres, aujourd’hui, si l’on se réfère au communiqué de la réunion du gouvernement, datée de mercredi dernier. Ce communiqué a annoncé l’examen dudit avant-projet en réunion du gouvernement pour qu’il soit soumis à la prochaine réunion du Conseil des ministres.

Le gouvernement fait face à des choix budgétaires pour le moins complexes compte tenu de l’état des finances publique et de l’économie, dont l’activité connait un ralentissement conséquent des suites de l’épidémie du Covid-19. Le pays reste ainsi confronté à des problèmes importants qui résultent à la fois de la chute des prix du pétrole sur le marché mondial et les conséquences du Covid-19 sur l’économie, alors que les problèmes structurels de l’économie restent posés avec acuité, tant il est vrai que la situation actuelle ne fait que rappeler – une fois de plus – la faible diversification de l’économie nationale, voire sa faible résilience aux chocs externes. Dans l’avant-projet de loi de finances 2021, le gouvernement doit ainsi apporter des réponses à la fois aux problèmes structurels dont souffre l’économie aux fins de renforcer sa résilience, aux conséquences de la pandémie de coronavirus sur l’économie ainsi qu’aux effets de la rechute des prix du pétrole, laquelle a fortement réduit la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement. L’avant-projet de loi budgétaire du prochain exercice devrait ainsi donner un avant-goût de ce que sera la réponse du gouvernement au double choc auquel fait face l’économie du pays, voire de l’orientation budgétaire à donner à son action économique et social. De toute façon, la loi budgétaire du prochain exercice doit constituer une assise juridique à certaines des mesures du gouvernement, contenues dans son plan de relance économique annoncé au mois d’août dernier.
Les agents économiques, particulièrement les entreprises, sont restés en tout cas sur leur faim quant à la concrétisation, sur le terrain, de certaines dispositions de soutien et de compensation des pertes subies en raison du covid-19. Du reste, la loi de finances 2021 doit fixer un cap budgétaire constant en prenant en compte les éléments de la situation financière et économique que connait le pays. La détérioration des finances publiques et des comptes extérieurs appelle à des ajustements de fond. La Banque d’Algérie n’a cessé d’appeler dans ses différentes notes de conjonctures à des réformes de fond pour rétablir la viabilité des comptes publics et extérieurs du pays face à la hausse des déficits budgétaire et courant et à l’érosion des réserves de change ; important indicateur de solvabilité du pays. «La poursuite de l’érosion des réserves de change souligne la nécessité d’efforts d’ajustement soutenus, notamment budgétaire, pour rétablir la viabilité de la balance des paiements et limiter l’érosion des réserves officielles de change. Ces efforts devraient s’intégrer dans un vaste programme de réformes structurelles pour améliorer le recouvrement de la fiscalité ordinaire (y compris par la rationalisation des subventions), libérer le fort potentiel de croissance de l’économie nationale et diversifier l’offre domestique et les exportations de biens et services», lit-on dans l’une des dernières notes de conjoncture de la banque centrale. Outre la hausse du déficit de la balance des paiements, responsable, en partie, de l’érosion des réserves de change, le gouvernement doit s’investir pleinement dans la maitrise des dépenses publiques et l’assainissement budgétaire à travers la rationalisation de la dépense et l’amélioration de l’offre interne et la collecte des impôts. Face à cette équation budgétaire qui ne fait que complexifier davantage sous l’effet de la chute des prix du pétrole et la persistance de la pandémie, le gouvernement n’a que peu de cordes à son arc et doit prendre des mesures à la hauteur de ce que la crise exige en matière de sacrifices et d’arbitrages.